Camp de concentration de Natzwiller-Struthof

Entrée du camp de Natzweiler-Struthof

Situé en Alsace, dans le Bas-Rhin (67), ce camp de concentration est l’un des seuls qui reste en France. Créé par le Troisième Reich (Terme qui désigne l’Etat Allemand Nazi qui était dirigé par Hitler de 1933 à 1945) alors que l’Alsace et la Moselle était annexée par l'Allemagne.

Le camp a été construit, à l’écart, sur la commune de Natzwiller, un petit village situé à une soixantaine de kilomètres de Strasbourg. Le camp fût installé au Struthof durant la seconde guerre mondiale.

Son nom officiel : KZ Natzweiler-Struthof, KZ ou Konzentrationslager signifie en français : Camp de concentration

Le Camp de concentration

Le camp de concentration du Struthof ne fût construit qu’après la découverte par le SS Karl Blumberg d’une carrière de granit rose. C’est Albert Speer, un haut responsable du Troisième Reich, qui décida de faire le camp (Albert Speer fut, plus tard, condamné à 20 ans de prison lors du procès concernant Nuremberg. Il fut déclaré coupable de crime contre l’humanité).

Le camp du Struthof a été officiellement ouvert le 21 avril 1940. Il est prévu pour accueillir 2000 prisonniers de tous les horizons. Cependant, il y aura plus de 7000 prisonniers vers la fin de l’année 1944.

L’administration et l’intendance est assurée par 80 SS mais le camp comprend aussi 70 Kommandos (ce sont des unités de travaux forcés). Le camp va fonctionner jusqu’à l’arrivée des troupes alliées en septembre 1944 puis il sera évacué par les SS.

Le 23 novembre 1944, à l’arrivée des soldats de la 6è armée américaine, le camp est totalement vide. Les prisonniers ont été transférés dans d’autres camps de concentration dont Dachau et Nuremberg. Le camp du Struthof est l’un des premiers camps de concentration qui sera découvert par les forces alliées. Le camp fut classé « Camp de niveau III » ce qui veut dire que le camp était l’un des plus difficile du système et que son objectif était d’anéantir les ennemis du Reich. Le nombre de prisonniers ayant été interné dans ce camp est affolant, on peut dénombrer 52000 prisonniers qui étaient de tous les horizons. (Pologne, France, Pays Bas, Union Soviétique, Italie et même d’Allemagne). De nombreux juifs de Hongrie ont été internés.

Plus de 22000 détenus ont trouvé la mort dans le camp. Certains sont décédés suite aux différents sévices des Kapos (Les Kapos sont parfois recrutés parmi les prisonniers et ils ont la responsabilité de surveiller les autres prisonniers. Généralement les Kapos sont des prisonniers violents. Une fois recrutés, ils vont échapper momentanément à ce qu’on appelait les « charrettes » pour l’extermination.

Fin Avril 1945, le camp est totalement évacué avec ce que l’on nomme « les marches de la mort ». Ces marches se font sous forme de convois de prisonniers au mépris de leur vie. Certains mourront d’épuisement. Ces marches de la mort feront plus de 5000 morts.

Le camp de concentration du Struthof est l’un des camps les plus meurtriers avec celui de Mauthausen (Ce camp est situé en Autriche). Il est dirigé de 1942 à 1944 par Joseph Kramer. Joseph Kramer est un militaire Nazi. Il occupera la fonction de commandant du camp du struthof.

Les baraquements

Les camps annexes de Natzwiller-Stuthof de 1942 à 1945

Le camp du Struthof a des annexes qu’il administre. Ces annexes se trouvent en Allemagne mais aussi en Alsace annexée. Ces camps dépendent totalement du camp principal car dans celui-ci se trouve les registres d’immatriculation des déportés ainsi que les dates de décès. Les camps annexes ont été créés par les SS dès 1942. Tous les déportés doivent alors entretenir les écoles et les camps d’instruction pour les SS. Les camps annexes créés en 1943 seront différents. Les déportés devront travailler pour l’industrie nazie.

Dans ces camps, le travail est pénible car ils sont enterrés dans des mines ou des tunnels afin d’être protéger contre les bombardements des alliés. L’absence de lumière, la faim, les maladies, le travail et le manque de soin provoquent des épidémies et la mortalité pourra atteindre les 80 %.

Les déportés

Les déportés portent un uniforme identique pour tous : une chemise, un pantalon, une veste, des claquettes en bois. Les vêtements sont sous forme de pyjama ou encore de vieux vêtements récupérés dans d’autres camps.

Les déportés sont immatriculés, ils ont un numéro dès leur entrée dans le camp. Ils sont classés par catégorie pour les distinguer et être identifiés grâce à des triangles de couleurs :

Le Bunker

Il contient 20 cellules. Chaque matin, les prisonniers étaient sortis l’un après l’autre par un SS. Ils sont ensuite emmenés dans une pièce à côté où durant plus de 30 minutes, ils sont battus avec un gourdin ou encore un ceinturon. Puis les prisonniers sont reconduits dans leur cellule et y restent jusqu’au lendemain. Tous les 4 jours, ils ont droit à une soupe chaude et le reste du temps leur repas sera du pain (250 grammes) et de l’eau.

Le four crématoire

Le bâtiment ne servait pas qu’au four crématoire mais aussi une salle d’opération, une salle de désinfection, des douches et des bureaux. Dans le sous sol, il y avait des pièces où l’on déposait les cadavres.

Dans le four crématoire, les SS pouvaient brûler jusqu’à 6 cadavres en même temps. Ensuite les cendres étaient mises dans des brouettes puis déversées dans un talus ou alors, elles servaient d’engrais pour le jardin du commandant du camp de concentration.

Le four crématoire

Les expériences médicales

salle des expériences

Le camp du Struthof est réputé pour ses expériences sur les détenus. Des pseudo-scientifiques ont aménagé une salle de dissection. Le camp possède aussi une chambre à gaz qui est situé en contre bas du Struthof. Elle fut construite pas la Wafen SS (une branche militaire conçue par Himmler).

Certains détenus venant du camp de concentration d’Auschwitz : 30 femmes et 57 hommes ont été assassiné avec du sel de cyanhydrique (cyanure). 86 prisonniers d’origine juive ont été gazés personnellement par le commandant du camp Joseph Kramer.

La chambre à gaz a été ensuite utilisée pour expérimenté le gaz phosgène par un virologiste nommé Otto Bickenbach. Il a exterminé pour ses expériences des Tziganes.

Un autre médecin, Eugen Haagen, a fait des injections de lèpre, de peste ou autres maladies afin de voir l’évolution et de déterminer les effets de la contamination. Si les prisonniers arrivaient à survivre à l’expérience, ils étaient par la suite assassinés puis incinérés. Il y aura ensuite des expériences sur le Typhus. Venus du camp d’Auschwitz, 200 tziganes furent mis à disposition pour le professeur Haagen. Cette expérience fut une catastrophe vu qu’elle finit en épidémie en 1944.

Le nazisme est fondé sur des procédés racistes, antisémites qui confirment la supériorité de la race « Aryen ». D’après les nazis, cette « race » serait une pure race allemande par rapport aux autres êtres humains. Dans le cadre de cette affirmation, des professeurs et médecins ont continué des expériences notamment avec le gaz moutarde nommé aussi Ypérite. C’est Hirt, professeur d’anatomie qui procède aux expériences. Hitler avait décidé de constituer une collection de squelette humain à partir de corps de 86 juifs qui ont été déporté du camp d’Auschwitz. Ils ont tous été gazé en août 1943.

Les sévices, les maladies, la mort

Le quotidien des prisonniers se résume aux sévices pratiqué par les expériences médicales, les maladies, l’épuisement qui les amènent jusqu’à une mort certaine. Certains souffrent de blessures qui sont dues aux coups qu’ils reçoivent par les SS ou encore les Kapos. Ils sont aussi attaqués par les chiens des SS qui sont dressés pour mordre ou attaquer.

Les déportés peuvent être condamnés à des peines d’enfermement dans le bunker ou encore punis à coup de fouet ou encore sur le chevalet de bastonnade. Ce chevalet sert pour flageoler les prisonniers. Leurs jambes et leurs bras sont entravés par des planches. Et les SS les frappaient à grand coup de Gummi (une matraque). Le prisonnier souffrait tellement des coups qu’il s’évanouissait. S’il revenait à lui, les coups recommençaient. Le taux de mortalité dans le camp est de 40 % et dans les camps annexes, le pourcentage peut atteindre les 80 %.

Les déportés qui tentent de s’évader où qui sont soupçonné d’y avoir simplement pensé encourent la peine de mort par pendaison ou le peloton d’exécution. La Gestapo utilise le camp du Struthof pour ses exécutions. Si la population masculine refuse d’être incorporée dans la « Wehmarcht » où tenter de quitter la zone annexée, ils sont envoyés au camp pour être fusillés. En 1944, au mois de septembre, juste avant que le camp ne soit libéré, un groupe de maquisards et un groupe de la résistance du réseau alliance ont été déportés et exécuter. Ils meurent tous dans le four crématoire.

Les exécutions massives

La chambre à gaz

Le camp a servi pour exécuter les résistants qui ont été condamné par la Gestapo (police politique de l’Allemagne).

Beaucoup de témoignage de survivants nous apprendront que les prisonniers étaient fusillés par 500, à l’aide de révolver un tir dans la nuque ou encore à l’aide de mitraillette.

Ces exécutions n’étaient pas répertoriées dans les registres du camp.

Le quotidien dans le camp

Les déportés doivent s’adapter à certaines conditions de vie dans le camp. En premier lieu, l’appel. Cet appel se fait 2 fois par jour et les SS comptent sans relâche les déportés qu’ils soient morts ou vivants. Qu’il fasse chaud, froid, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il y ait du vent, les prisonniers doivent se tenir debout et attendre que les SS leur donne le signal pour qu’ils puissent rentrer dans les baraquements ou partir en Kommando.

Les déportés sont sous alimentés et lorsque les SS donnent à manger à leurs chiens, les prisonniers affamés tentent de récupérer les gamelles des animaux. Les prisonniers doivent travailler toute la journée de 6 heures du matin à 18 heures pour certains et d’autres durant la nuit. Ils rejoignent leur Kommando de travail et généralement, ils vont à la carrière à l’extérieur du camp pour y extraire les pierres, les granits ou du gravier.

En 1942, les déportés travailleront à la réparation des moteurs d’avions puis en 1943, ils commenceront à construire une cave à pommes de terre « kartoffelkeller ». Ce bâtiment n’est pas réalisé pour ces légumes, cependant personne ne saura réellement à quoi il aura servi car il n’y a aucun document pour l’attester. À la fin de leur longue journée de travail dans des conditions misérables, les déportés pouvaient rejoindre leur baraquement et manger une faible ration de nourriture. Puis épuisés, ils s’endormaient sur des châlits en bois. Au petit matin, ils peuvent se laver. Une toilette rudimentaire, rapide. Certains déportés ont le droit de recevoir des colis où des lettres, ce sera le seul lien qu’ils auront vers l’extérieur.

L’évacuation du camp

C’est en septembre 1944 que le camp sera libéré mais il ne reste que très peu de prisonniers, les autres étant déféré à Dachau juste avant que les alliés n’arrivent. Ces prisonniers sont sous la garde d’une poignée de SS.

Le 23 novembre, jour de la libération de Strasbourg, l’armée américaine arrive dans le camp.

Le camp de nos jours

Vue du camp actuellement

En 1945 le camp devient un pénitencier. En 1950 le camp est classé monument historique En 1951 c’est au tour de la chambre à gaz d’être classé monument historique En 1954, les baraquements menacent de s’effondrer alors on n’en gardera que 4 dont la baraque des cuisines, du four crématoire et du bloc cellulaire.

Aujourd’hui le camp du Struthof ouvre ses portes aux nombreux visiteurs.

Le site pour tous renseignements :

struthof.fr

Durée de la visite : 1 heure 30. Brochures : anglais, français, allemand, portugais et italien. Visites : possibilité de faire une visite en français uniquement avec un guide (groupe ou individuel).

Recommandations importantes pour la visite

Une tenue correcte est exigée. Les enfants doivent être accompagnés d’un adulte et les animaux de compagnie ne sont pas acceptés. La direction peut refuser l’entrée à toute personne qui ne respecterait pas le lieu et surtout la mémoire des victimes.

Visite virtuelle du camp

http://visite-virtuelle.struthof.fr/