Infections de l'ongle

L’ongle est une petite plaque mince, dure et transparente, composée de cellules cornées. Il protège le bout des doigts et des orteils et adhère dans un repli de la peau par trois cotés. On appelle « lit de l’ongle » la partie de la peau recouverte par l’ongle.

La racine, siège principal de la croissance, se trouve à la base de l’ongle, sous le repli de la peau. Quant à la tache blanche en forme de croissant qui apparait à la base de l’ongle, elle porte le nom de lunule.

L’ongle se développe déjà chez le fœtus à partir du 5ème mois. Comme l’ongle pousse de bas en haut, la partie supérieure est plus ancienne et doit par conséquent être régulièrement coupée.

L’Ongle incarné

L’ongle incarné (ungius incarnatus) se présente le plus souvent au gros orteil, ce qui peut rendre la marche très pénible. Un côté de l’ongle s’enfonce dans les parties molles qui l’entourent, provoquant ainsi une inflammation pouvant devenir purulente. Cause : port de chaussures trop étroites ; coupe des ongles en coins arrondis.

Couper l’ongle très court à l’endroit où il pénètre dans la chair peut soulager mais non guérir cette altération. De plus, si l’on coupe sans précautions antiseptiques, on risque l’infection. Au début du mal, il est encore possible d’arrêter la croissance du bourrelet en introduisant un morceau de gaze entre l’ongle et la peau. Sinon, l’ablation de l’ongle, d’un bout de la matrice (repli de la peau) et du lit de l’ongle s’imposera.

L’onychophagie

Quelle erreur de croire que seuls les enfants se rongent les ongles ! En effet, le nombre d’adultes affligés de cette manie pernicieuse est stupéfiant. Cette habitude morbide se manifeste surtout chez les hypernerveux et les angoissés.

L’onychophagie peut déformer, non seulement les ongles, mais aussi les doigts. Si un traitement pédagogique s’avère sans succès chez les enfants, il ne reste plus qu’à enduire les ongles de substances amères.

L’onyxis ou les lésions inflammatoires de l’ongle

Les infections des ongles ressemblent à toutes les infections affectant n’importe quelle partie du corps. Les bactéries et les mycoses qui provoquent des infections cutanées, peuvent également provoquer les mêmes infections au bord et sous les ongles. Si c’est le lit des ongles qui est atteint, il s’agit d’onychose ; si c’est la peau autour des ongles, il s’agit de périonyxis.

L’onychose est provoquée par un grand nombre de micro-organismes qui se servent d’une plaie profonde pour s’incruster sous l’ongle et y proliférer, ce qui donne lieu à une lésion déformante fort douloureuse.

Le périonyxis est une affection plus fréquente qui se signale par une enflure autour de l’ongle, enflure rougeâtre, luisante et fort pénible. La plupart du temps, il s’agit d’une simple inflammation passagère qui disparait spontanément. Mais parfois l’inflammation s’étend et donne lieu à des complications fort pernicieuses. Si elle développe sous l’ongle, et de là dans les parties qui le délimitent ( main ou pied) , il s’agit de tourniole ( panaris autour de l’ongle). Si l’inflammation se développe en profondeur, il s’agit d’un panaris profond, donnant lieu à une suppuration abondante.

Les staphylocoques et les streptocoques sont les agents d’infection qui se manifestent le plus fréquemment. Le monilia (mycose) également est souvent à l’origine d’une inflammation des tissus de l’ongle. Dans les cas graves, l’ongle devra être enlevé. Si le tissu du lit de l’ongle n’est pas trop cicatrisé, l’ongle aura des chances de repousser.

En cas de dermatite suscitée par un contact plus ou moins long avec certaines substances de nature à provoquer une action chimique ou biologique, telles que cosmétiques, teintures pour cheveux, produits chimiques, savons, etc. , il peut arriver que l’ongle se détache, ou se scinde en deux ou plusieurs couches. Ici également, si le lit de l’ongle est trop avarié, un nouvel ongle ne pourra plus s’y développer. à la rigueur, un ongle déformé repoussera.

Toutefois, la perte d’un ongle n’est pas toujours due à une inflammation locale. Elle peut aussi être une résultante d’une maladie interne. Dans ce cas, il faut évidemment s’en prendre à la maladie causale, un traitement local ne pouvant que neutraliser l’infection.

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