Phobie

(Redirigé depuis Les phobies)

La phobie est la crainte angoissante d'un objet ou d'une situation qui ne présente pourtant aucun caractère dangereux. Cette crainte est d'ailleurs reconnue comme absurde et la personne qui en souffre éprouve souvent un sentiment de honte et de dévalorisation.

Parmi les phobies, il en est de très banales, comme les phobies des petits animaux (araignées, guêpes, serpents) ou la phobie du vide (c'est-à-dire le vertige), qui ne présentent finalement qu'une gêne assez modérée. La phobie de l'ascenseur. C'est la peur de se trouver dans un lieu fermé, avec la crainte de ne pouvoir en sortir.

Mais les phobies peuvent aussi constituer une véritable maladie, ayant parfois d'importantes répercussions sur la vie sociale, familiale et professionnelle de la personne phobique.

Pour y voir plus clair, quelques mots à connaître

Psychanalyse : discipline fondée par Sigmund Freud, reposant sur l'analyse des processus inconscients.

Psychothérapeute : personne qui soigne les malades atteints de troubles psychologiques. Conditionnement : théorie due au physiologiste russe Pavlov, selon laquelle certains comportements peuvent être associés par habitude à certains excitants, ou stimulus, de l'environnement.

Les mécanismes des phobies

La crainte est liée à la présence d'un objet ou à une situation. Elle disparaît lorsque cet objet ou cette situation n'est plus là.

C'est la raison pour laquelle une phobie entraîne un certain nombre de comportements qui sont autant de stratagèmes pour éviter l'angoisse.

Le premier de ces stratagèmes est le mouvement de recul : l'objet de la phobie est soigneusement évité. Le deuxième stratagème consiste à se faire accompagner dans ses déplacements par une personne de confiance, censée posséder un pouvoir protecteur. Parfois, un simple objet peut être symboliquement investi de ce pouvoir (sortir avec une canne ou un chapeau, par exemple). Le troisième stratagème, plus rare, est la fuite en avant : la personne se précipite au-devant de la situation qu'elle redoute tant.

Phobies et autres troubles

Les phobies peuvent apparaître dans d'autres maladies, comme la dépression (l'apparition de phobies après 40 ans évoque cette maladie) ou la schizophrénie. Dans le cas de la schizophrénie, les phobies s'accompagnent d'idées délirantes : par exemple, la personne a peur de la foule, parce qu'elle croit qu'on parle d'elle derrière son dos.

Le traitement

Trois types de phobies existent : la phobie simple, l'agoraphobie et la phobie sociale.

La phobie simple

Il s'agit d'une phobie isolée, qui peut être banale et fréquente (peur d'un animal, de la maladie, de la vue du sang). Le degré d'angoisse et le détour pour éviter une situation peuvent être à l'origine d'un réel handicap. Le traitement efficace de la phobie simple s'appuie sur la thérapie comportementale : aidée par un thérapeute, la personne phobique est exposée progressivement à la situation qu'elle redoute tant. Dans ce cas précis, les médicaments ne semblent pas utiles.

L'agoraphobie

Il s'agit des phobies de lieu et de situation, de la foule, des magasins, des moyens de transport : c'est la crainte de se trouver dans ces endroits, sans avoir la possibilité de s'en échapper. Plusieurs de ces phobies sont souvent associées ; dans un cas sur deux, elles sont apparues après une attaque de panique. Ce trouble est plus fréquent chez la femme (dans deux tiers des cas) et débute le plus souvent chez l'adulte jeune, entre 18 et 35 ans.

La crainte du contact avec une mygale n'est pas une phobie. Toute personne normale doit la ressentir.

L'hypothèse d'une origine biologique, avec une prédisposition génétique associée à des événements douloureux déclenchant ce trouble, est actuellement retenue.

Une prise en charge médicale précoce et spécialisée est nécessaire, d'autant que ce trouble est invalidant et connaît souvent des complications. Elle comprend la prescription de médicaments antidépresseurs (parfois avec des anxiolytiques), ainsi qu'une psychothérapie - la technique la plus efficace étant, comme pour la phobie simple, la psychothérapie comportementale.

Les phobies sociales

Il s'agit de la peur de situations dans lesquelles la personne doit faire face au regard attentif des autres : parler en public, manger en présence d'autrui, etc. On estime que de 1 à 10 % de personnes souffrent ou ont souffert de ces phobies sociales.

Cette crainte est très invalidante et le handicap social est important : ainsi, un grand nombre de célibataires ont exprimé ce type de phobie. La prise en charge associe des médicaments (antidépresseurs) et une psychothérapie. Les thérapies comportementales sont également les plus efficaces pour traiter ce genre de phobie. Toutefois, d'autres psychothérapies d'inspiration psychanalytique peuvent aussi apporter une aide au malade.

Les causes des phobies

L'hypothèse d'une origine psychologique des phobies, retenue par Freud, est aujourd'hui remise en cause par la psychiatrie anglo-saxonne.

Certaines phobies seraient provoquées par des crises d'angoisse d'origine biologique. La phobie serait ensuite liée à l'appréhension de nouvelles crises, à la crainte des situations dans lesquelles la crise est déjà arrivée. L'explication psychologique reste néanmoins valable pour les phobies relationnelles.

Les complications

Elles sont relativement fréquentes. Une aggravation des troubles phobiques peut intervenir, au point que tous les objets rencontrés et toutes les situations vécues au quotidien suscitent de l'angoisse chez l'individu. Deux complications apparaissent assez souvent : la dépression et l'alcoolisme. L'alcool est en effet souvent utilisé comme remède, car le malade lui prête des vertus propres à combattre l'anxiété (propriétés anxiolytiques) et à surmonter la timidité. Lorsque la dépendance s'installe, l'alcoolisme accentue le trouble phobique.