Histoire du vélo et de la bicyclette

De la draisienne au VTT, du tricycle au tandem, du vélocipède à la "petite reine", la bicyclette a fait le tour du monde. Le vélo reste aujourd'hui le plus sain et le plus populaire des moyens de transport.

La bicyclette reste, pour une bonne partie de l'humanité encore, le moyen de transport par excellence. Il suffit pour s'en convaincre de voir les immenses foules qui se déplacent à vélo dans les villes chinoises ou indiennes.

L'Europe a connu les mêmes scènes jusque dans les années 1950 environ, alors que le "deux-roues", motorisé ou non, tenait une place essentielle dans la vie quotidienne. Ce rôle social du vélo est parfaitement illustré par Vittorio De Sica, dans son film le Voleur de bicyclette, qui marque les débuts du courant néo-réaliste italien. Cette importance réside dans le fait que la bicyclette est le premier moyen de transport mécanique populaire de l'histoire. La bicyclette est généralement solide, simple à réparer et facile à entretenir. De plus, comme ce moyen de locomotion n'emploie que de l'énergie humaine, il n'entraîne aucun des coûts de fonctionnement d'une automobile où le moteur à combustion interne doit être régulièrement vérifié et alimenté en carburant. Elle est, enfin, aisément transportable et peut être utilisée par tous, et ce dès la première adolescence.

La "machine à courir" du baron Drais

À ces qualités, il faut ajouter la vitesse de déplacement par rapport à la marche. Tout cela explique la popularité de la bicyclette auprès du plus grand nombre, une popularité qui est consacrée par les grandes fêtes du vélo et les courses spectaculaires qui sont organisées dans les principaux pays d'Europe, à partir des années 1880-1890.

Il existe des témoignages de l'existence de deux-roues dans la haute Antiquité : sur l'obélisque de la place de la Concorde, à Paris (qui date du XIIIème siècle avant notre ère), un hiéroglyphe représentant un homme juché sur une barre horizontale montée sur deux roues est dessiné. La première réalisation pratique connue remonte à 1816.

Cette année-là, le baron allemand Drais von Sauerbronn met au point une "machine à courir". Elle se compose d'un châssis en bois monté sur deux roues, avec une barre de direction et une selle rembourée. Son conducteur l'enfourche et la propulse en avant par l'action alternée des pieds sur le sol, d'où son nom.

1839 : la première vraie bicyclette

La "draisienne" connaît un franc succès elle est commercialisée l'année de son invention, à Paris et à Londres.

Toutefois, si l'on considère que le principe de la bicyclette, indépendamment du déplacement sur deux roues, est de faire usage d'un pédalier et d'un système de freinage, alors la machine de Drais n'est qu'un avatar, et la première bicycle est celle que l'Écossais Kirkpatrick MacMillan réalise vers 1839. En effet, il incorpore à sa machine des pédales, reliées par un système de bielles et de manivelles au moyeu de la roue arrière, et il rend possible le freinage par torsion du guidon de direction.

Le deux-roues de MacMillan est ainsi le tout premier à permettre le déplacement sans que les pieds touchent le sol et à rendre ce déplacement sûr par l'adjonction d'un mécanisme de freinage. Le véhicule est cependant peu commode, il n'est jamais popularisé.

L'industrie du cycle

Tel n'est pas le cas, en revanche, du fameux "vélocipède" du Français Ernest Michaux, dont la commercialisation, en 1868, marque les débuts de l'industrie de la bicyclette.

Michaux est fils d'un maréchal-ferrant et il a l'idée, en réparant une draisienne, d'adapter une manivelle de pédalier au moyeu de la roue avant. Ce perfectionnement fait du vélocipède un moyen de locomotion véritable. Les premiers travaux datent de 1861 et Michaux fonde son entreprise de fabrication de vélocipèdes en 1865.

En 1867, la machine est présentée à l'Exposition universelle de Paris et l'inventeur obtient un brevet l'année suivante.

Il réussit à vendre quatre cents vélocipèdes avant d'être ruiné par la guerre de 1870-1871.

Entre-temps, en 1866, deux associés de Michaux, Pierre Lallement et James Carrol, partent aux États-Unis fonder l'industrie du cycle.

La bicyclette moderne

En 1869, un autre Français, Jules Pierre Suriray, réalise une invention très importante pour le développement de la bicyclette : le roulement à billes adapté aux axes des roues. La même année, son compatriote André Guilmet a l'idée de ne plus placer les pédales sur le moyeu de la roue avant, mais dans leur position centrale actuelle, et de les relier au moyeu de la roue arrière par une chaîne qui transmettra le mouvement.

L'idée, tombée dans l'oubli après la mort de Guilmet, est brevetée par le Britannique Harry Lawson en 1879. La commercialisation d'un modèle fondé sur ce principe s'effectue en 1885. La Rover Safety du Britannique J. K. Starley est la première bicyclette moderne, car, outre la chaîne sans fin, elle possède des roues de taille pratiquement égale et un guidon de direction moderne. La Rover gagne en popularité dès 1888, lorsque le Britannique John Boyd Dunlop introduit le pneumatique de bicyclette.

De la bicyclette à la motocyclette

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