Pêche au vif

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La pêche au vif : une pêche statique où l'on remplace l'appât inerte par le poisson de petite taille orné d'hameçons.

Les poissons de la pêche au vif

Rétracter -

Sommaire
  1. Pourquoi, comment ?
    1. Un principe de base
  2. Les Vifs
    1. Le choix d'un vif
    2. Les espèces de vifs
    3. Des vifs contestables
    4. Le cannibalisme
    5. La conservation des vifs
  3. Le Matériel
    1. Les cannes
    2. Le moulinet
    3. Les accessoires
    4. Les lignes
    5. Comment escher un vif ?
  4. L'action de Pêche
    1. La surveillance du vif
    2. Le ferrage
    3. La lutte
  5. Les poissons

Pourquoi, comment ?

La pêche au vif a été une technique très pratiquée par les pêcheurs de carnassiers. On utilise, ici, un petit poisson vivant ou un petit animal (sauterelle, hanneton, etc.), pour prendre ce prédateur. Mais ce n'est pas toujours la faim qui le pousse à attaquer le vif qui lui est présenté ; il l'agresse aussi parfois pour défendre son territoire. Cette technique de pêche statique réserve bien des surprises qui bousculent les idées reçues et les habitudes. La pêche au vif n'est pas si statique qu'on veut bien le dire ; les vifs les meilleurs ne sont pas toujours des poissons et les montages ne sont pas tous soutenus par un flotteur. On notera que la belle saison n'est pas le seul moment de l'année où cette technique rapporte gros ; on peut la pratiquer avec succès toute l'année.

Un principe de base

Comme dans toutes les techniques de pêche, la pêche au vif consiste à présenter un appât au poisson qu'on veut prendre ; la seule différence réside dans le fait que l'appât utilisé est très actif: il attire donc son prédateur plus par son comportement que par son odeur, tentant de fuir et se débattant dès qu'il l'aperçoit, comme tout poissa® se sentant menacé. Retenue par le bas de ligne, la victime se déplace alors de façon désordonnée et irrégulière, comme un poisson blessé. Apeuré, entravé, il nage de façon désordonnée, provoquant l'attaque du carnassier qui préfère toujours s'intéresser d'abord à un poisson qui se déplace m&_ donc moins vite, plutôt que de courir après une proie rapide qui a toutes les chances de lui échapper. Un brochet, par exemple, repère très vite le poisson entravé au milieu de poissons libres.

Les Vifs

De la patience... À la pêche au vif, il faut savoir être particulièrement patient et attentif

Le choix d'un vif

Il faut toujours choisir le vif en fonction du carnassier recherché. Or, on se contente souvent des poissons vendu par les détaillants en articles de pêche. Si l'on a du temps, et de la patience, on pourra faire une sortie spécifique pour se procurer les vifs les : adaptés, qui ont aussi, bien sûr, 5 plus efficaces en don des espèces à capturer.

Un certain nombre de critères doivent être s en compte :

- le vif doit correspondre à la nourriture habituelle du carnassier, celle qu'il trouve là où on le pêche. Si l'on présente au prédateur une espèce qu'il n'a pas l'habitude de rencontrer, il est probable qu'elle ne va pas l'exciter, le carnassier préférant attaquer d'abord les espèces qui lui sont familières, et qu'il apprécie ;

- il faut choisir autant que possible un vif qui vit à la même hauteur d'eau et dans le même milieu que le carnassier recherché ; ainsi, un sandre qui vit près du fond, sera peu attiré par un poisson qui tente sans cesse de remonter vers la surface ; il lui préférera un petit goujon ou un petit barbeau, qu'il a l'habitude de capturer sur le fond.

- il faut sélectionner le vif en fonction de son ennemi mortel ; - on évitera, aussi, d'utiliser les vifs qui ont le fâcheux réflexe d'aller se cacher à tout prix sous une feuille, une pierre ou dans un herbier ; - enfin, on optera toujours pour un vif solide, qui reste actif, et donc attractif, aussi longtemps que possible.

Les espèces de vifs

Si en théorie tous les petits poissons peuvent faire des vifs, dans la pratique certains sont bien meilleurs que d'autres.

♦ L'ablette : elle tente toujours de remonter en surface et tourne en rond ; c'est un vif résistant même en eau fraîche, mais très fragile (il ne faut donc pas le lancer, mais le poser) ; il est particulièrement efficace pour une pêche au- dessus d'un fond herbeux.

La brème : c'est un vif peu intéressant, à n'utiliser qu'en désespoir de cause ; il fatigue très vite, d'où un manque d'attrait évident.

Le carpeau : ce vif tient dans les eaux les plus chaudes ou les moins oxygénées ; il est excellent dans un coin encombré d'herbiers car il se déplace dans un secteur très restreint, la robustesse étant sa principale qualité.

Un vif trop souvent négligé : le carpeau. Résistant et pas trop remuant, convient parfaitement pour prendre un brochet, un sandre ou un silure.

Le chevesne : c'est un vif pour espace libre car il a une tendance naturelle à vouloir aller vers les herbiers ou les branches immergées ; c'est un bon vif, à condition de vérifier souvent sa ligne car, après un départ en fanfare, il a tendance à vite se calmer ; il est alors nécessaire de le travailler par des retenues et des relâchers pour l'exciter.

Le gardon : c'est un très bon vif, le plus employé, mais souvent pas où il le faudrait (peut-être parce qu'il est si facile de s'en procurer chez les détaillants?) ; il nage en rond entre deux eaux et reste facilement à la même hauteur. Assez résistant, on le garde bien dans un seau à vifs dont l'eau est à la même température que celle où l'on pêche (il ne résiste pas au choc causé par une trop grande différence subite de températures ; il s'engourdit très vite et peut même en mourir).

Le gardon est sûrement le poisson le plus utilisé comme vif.

Le goujon : c'est un très bon vif de fond, assez résistant, mais qu'il faut surveiller souvent car il veut à tout prix se cacher sous une pierre, dans un trou ou dans les herbes.

La perchette : c'est un vif résistant et très remuant ; le brochet et la grosse perche aiment bien ce vif qui nage entre deux eau* il affectionne les eaux bien oxygénées.

Le rotengle : c'est un vif de la même qualité que le gardon, la seul différence notable étant qu'il aime remonter vers la surface beaucoup pin que le gardon.

Le spirlin : excellent vif nettement plus robuste que l'ablette, il a cependant le même comportement.

Le vairon : il est surtout connu comme le vif des salmonidés, il est loin d'être dédaigné par les autres carnassiers ; un brochet n résiste pas à une grappe de vairons eschés par le nez. Dans couloir d'herbiers, c'est un vif exceptionnel ; résistant c'est surtout le meilleur vif d'eau froide à très froide, d'où son utilisation quasi obligatoire en hiver.

Des vifs contestables

Certains pêcheurs considérent qu'il est toujours préférable d'élever soi-même ses vifs.

En fait cela pose autant de problèmes que cela en résout...

Les poissons carnassiers ne se nourrissent pas seulement de poissons, mais aussi d'autres animaux qui vivent dans leur milieu. Si de nombreux cyprinid et salmonidés savent prélever des larves et des insectes, les carnassiers s'intéressent à tout ce qui bouge, d'une taille suffisante pour leur caler l'estomac. Certaines écrevisses, en autres, en font partie.

Leur utilisation en tant que vif n'est pas sans poser quelques problèmes d'interprétation de la loi (voir si dessous).

Introductions interdite

Depuis la fin du siècle dernier, de nombreuses espèces de poissons issues d'autres régions d'Europe, voire d'autres vis, ont été introduites dans nos eaux, souvent en toute innocence, en vue de repeupler rivières et plans d'eau t diversifier le peuplement. Le fait, en réalité, est loin d'être nouveau, et cette pratique est bien plus ancienne : originaire de Chine, la carpe a vraisemblablement été importée sous l'Antiquité. Le black-bass, si apprécié lui aussi aujourd'hui, n'a été importé d'Amérique qu'à la fin du siècle dernier. Il a fallu attendre les dernières décennies pour prendre conscience des perturbations que de telles introductions étaient susceptibles de créer dans l'environnement.

Ce fut le cas pour la perche-soleil, issue, elle aussi du Nouveau Continent (introduite en 1886 dans le Sud-Ouest), du poisson-chat (introduit l'année précédente dans des étangs d'Ile-de-France et dans la Loire), enfin du Silure glane (introduit en région lyonnaise en 1966 seulement).

La loi (art. L. 232-10 du Code Rural) interdit aujourd'hui d' introduire «des poissons appartenant à des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques et dont la liste est fixée par décret". De ce fait, la perche-soleil, le poisson-chat, le crabe chinois, ainsi que certaines espèces de grenouilles et d'écrevisses ne peuvent notamment être utilisés comme vifs.

Le cannibalisme

Le phénomène est fréquent chez les carnassiers, surtout dans les périodes de disette, notamment l'hiver. La chose se produit aussi le reste de l'année dans les plans d'eau, quand les carnassiers n'ont pas ou plus assez de poissons blancs à se mettre sous la dent. A partir de ce constat, le pêcheur pourrait en conclure que pour prendre un brochet, il suffit d'utiliser un "sifflet", c'est-à-dire un jeune brochet de petite taille. Ce serait oublier la qui en France, impose des tailles minimales de pour certaines espèces (0,50 m pour le brochet).

Il faut donc renoncer à cette idée au risque d'une confortable amende assortie de la saisie du matériel, voire de celle du véhicule (la loi l'autorise). Même une facture justifiant l'achat de petits brochets chez un pisciculteur ne permet pas de les utiliser comme vifs.

On peut aussi êtres d'utiliser des espèces quelque peu exotique issues d'élevage, juste "pour voir". Là encore mieux vaut renoncer car la règlement interdit l'introduction d'espèces étrangère dans nos eaux.

Certaines espèces «bien de chez nous» font aussi l'objet d'une interdiction spécifique : il en est ainsi du chabot ; quand à la grémille, seuls certains gardes en répriment l'usage comme vif, alors que rien ne l'interdit dans les textes. Mieux vaut cependant éviter tout conflit et s'abstenir de l'utiliser ; il y a assez de vifs possibles à la disposition des pêcheurs, et des carnassiers...

La conservation des vifs

En péchant les vifs soi-même, on a la possibilité de jas sélectionner en fonction des carnassiers qu'on peut prendre. Se pose alors un vrai problème : comment garder bien vivants ses vifs entre leur pêche et le jour où l'on va les escher? C'est un point important car un vif mal en point, n'est plus un vif attirant. Si l'on a la chance d'habiter près des d'eau ou de posséder un plan d'eau, l'idéal est de pouvoir créer un véritable vivier, constitué d'un bac immergé aux trois quarts dans une zone à faible courant, par exemple à l'entrée du plan d'eau ou dans un retour de courant en rivière. Il faut le visiter souvent pour éliminer les poissons morts ou malades.

Plus simplement, on peut aussi tenter de les conserver dans un bac alimenté par le filet d'eau d'un robinet (à condition que celle-ci ne soit pas trop chlorée). Enfin on trouve aujourd'hui dans le commerce des bacs à vifs très abordables bénéficiant d'un système d'oxygénation de l'eau.

Le Matériel

Les cannes

Canne télescopique à anneaux et à porte-moulinet à vis.

Elles dépendent du carnassier visé ; on peut très bien utiliser une canne à anneaux, télescopique ou à emmanchements de 3,40 à 4,50 m, un lancer mi- lourd ou lourd.

La puissance de la canne est à choisir en fonction de la masse du poisson, très différente entre un brochet de 20 livres et un black-bass de 3 livres.

Le porte-moulinet (point très important) doit être d'un modèle à vis avec contre-écrou, type le mieux adapté à un poisson qui va vendre chèrement sa peau.

Le moulinet

Un modèle classique à tambour fixe suffit :

Comme pour toutes les techniques où la lutte risque d'être chaude, la qualité et le réglage du frein sont primordiaux.

Les accessoires

La pêche au vif impose l'utilisation d'un certain nombre d'accessoires spécifiques.

Le seau à vifs est un récipient qui, une fois rempli d'eau (au quart environ), permet le transport des vifs.

Un aérateur à pile, permet d'oxygéner l'eau pendant le transport et sur le lieu de pêche, les vifs ne meurent pas et restent bien vigoureux. Il est important d'emporter toujours des piles de rechange si l'on veut éviter les mauvaise surprises en cours de partie de pêche.

L'aiguille à locher est indispensable pour "armer" les vifs, et faire passer les bas de ligne sous leur peau.

Pointue du côté où elle pénètre dans la peau (pas trop profond pour ne pas ton tuer le vif), elle comprend un crochet à l'autre extrémité dans lequel on passe la boucle du bas de ligne. Comme pour les hameçons, il faut faire attention de ne pas la perdre dans l'herbe où un herbivore risque de l'avaler.

L'aiguille locher ne sert pas aux eschages par les lèvres ou avec un triple dans le dos.

Gare aux chocs thermiques!

La première chose à faire lorsqu'on arrive près de de l'endroit où l'on va pêcher, est de mettre l'eau du seau à vifs à la température de l'eau de la rivière ou du plan d'eau pour éviter aux vifs de connaître un choc thermique trop important quand ils vont se retrouver au bout de la ligne, un choc qui peut les tuer ou les rendre moins vifs.

Changer l'eau ne se fait pas ( seul coup, mais par étapes afin de réduire peu a n m température de l'eau du seau. Ensuite, il faut mettre le seau à vifs à l'ombre pour éviter une trop brutale remontée de la température; mais quoi qu'on fasse il faudra changer l'eau du seau régulièrement

Le bâillon est un accessoire très important dès qu'il faut ouvrir la gueule d'un grand carnassier, brocher sandre et même grosse perche. C'est accessoire permet de maintenir la gueule ouverte pour récupérer l'hameçon. Il évite ainsi de se faire mordre les doigts voire une partie de la main ce qui n'est jamais très agréable, car la gueule du brochet est pavée de quelque 700 dents très pointues recourbées vers l'intérieur. Il faut savoir qu'il est parfois difficile de faire changer d'avis un carnassier qui a refermé sa gueule !

Le bâillon à brochet : Il évite bien des désagréments douloureux

L'épuisette est toujours nécessaire pour sortir de l'eau un carnassier de belle taille.

La gaffe à long manche, n'est utile que pour sortir les très grosses pièces (un brochet de 35 livres, par exemple). Elle est aujourd'hui mal considérée, voire jugée comme un instrument barbare, dans l'optique, devenue très courante, d'une pêche avec de fréquentes remise à l'eau .

Les lignes

Bas de ligne en acier : Efficaces contre les dents acérées de certains carnassiers et donc indispensables pour ce type de pêche, les bas de lignes en acier sont cependant plus rigides

Les montages sont de deux types, suivant qu'on positionner le vif entre deux eaux ou le maintenir près du fond ou sur le fond, tout dépendant du carnassier péché ou de la période de pêche :

- entre deux eaux, les montages comportent m flotteur qui soutient le bas de ligne et le vif. Ce flotteur, de forte portance, est en forme de carotte et il est souvent accompagné de deux petits flotteurs situés entre le gros flotteur et le scion ; ils servent à farder du fil en surface et à l'empêcher de Raccrocher dans des herbes immergées. Le flotteur peut être fixe ou coulissant, tout dépendant de la sauteur d'eau à laquelle on veut positionner son vif. Le flotteur est équilibré par une olive percée et une chevrotine qui viennet en butée sur un émerillon à agrafe servant à accrocher le bas de ligne.

- pour placer l'appât près du fond ou sur le fond, on utilise une ligne montée en pater-noster. Cette disposition vaut aussi quand on pêche dans un espace très restreint ou dans un secteur encombré.

Avec ce type de montage, il faut ferrer très vite pour que le carnassier ne puisse gagner un obstacle ou un herbier.

Le corps de ligne est en deux parties :

La branche horizontale de l'émerillon baril est reliée à un bout de fil de même diamètre que le corps de ligne, qui lui-même se termine par un émerillon à agrafe pour fixer le bas de ligne. On peut aussi monter en pater-noster inversé, ce qui permet d'avoir un flotteur comme témoin visuel en cas de départ.

Le fil :

- pour le corps de ligne, il est très difficile 4 conseiller une grosseur de fil. S'il est théoriq possible de prendre une perche ou un black-bass avec du 20/100, il serait hasardeux de s'y risquer avec un brochet ou un silure !

En règle générale, le diamètre du corps ; ligne est compris en du 26/100 et 40/100;

- pour le bas de ligne, l'erreur n'est pas permise, car certains carnassiers ont des dents coupantes et un simple Nylon serait vite cisaillé. La perche, l'anguille, le black-basse et le silure peuvent être pris sur du Nylon ; en revanche le brochet et le sandre sont tellement "dentés" qu'il faut monter un bas de ligne en acier souple et inoxydable.

Un bas de ligne en acier, au demeurant indispensable, manque bien sûr de souplesse et entrave un peut la nage du vif. Le mieux est d'utiliser un bas ligne tout prêt, de préférence sans hameçon.

Les bas de ligne en acier sont ainsi numérotés : n°2/0 pour une résistance de 4kg, n° 1/0 pour 5 kg, n°1 pour 7 kg, et ainsi de suite jusqu'au n° 8 pour 45kg.

Comment escher un vif ?

On peut choisir d'escher un vif par le nez ou par les lèvres avec un hameçon simple ou un hameçon double qui présente l'avantage de disposer toujours d'un hameçon libre pour piquer plus facilement le carnassier. On esche aussi en fixant un hameçon triple au bout du bas de ligne ; une branche de l'hameçon est souvent fixée dans la chair du vif. On peut aussi le remplacer par un hameçon perroquet à deux pointes, excellent pour armer le flanc d'un vif sans le blesser.

Les eschages pour ferrages rapides permettent de ferrer instantanément sur un départ. Ce type d'eschage est nécessaire lorsqu'on pêche dans des secteurs particulièrement encombrés, où la prise doit être bridée immédiatement. On esche alors par le nez, ou par le dos.

Les eschages pour ferrages retardés sont à utiliser lorsqu'on pêche dans des secteurs libres de tout obstacle. Rien ne sert de se précipiter sur sa canne au moindre départ ; on a alors tout le temps de laisser bien engamer. Ce sont tous les eschages où l'on positionne les hameçons sur le corps du vif, en passant le bas de ligne sous la peau de celui-ci.

L'action de Pêche

Une fois esché, le vif doit être mis en place, c'est-à- dire jeté à l'eau. Il faut se souvenir que certaines espèces, utilisées comme vifs, sont fragiles. Par ailleurs, la pêche au vif n'est pas un concours de lancer à grandes distances : les carnassiers fréquentent aussi les postes situés près des berges. Si le vif est résistant, on peut lancer à distance respectable ; mais s'il est fragile, mieux vaut le poser délicatement sur l'eau, sous le scion, ou effectuer un court lancer sous la main. Avec un montage comprenant un flotteur, on récupère de la bannière, mais on laisse ouverte l'anse de pick-up. A l'inverse, quand on a lancé un montage en pater-noster, on ferme l'anse de pick-up après avoir récupéré le surplus de fil ; mais il doit •pouvoir se dévider, le moulinet étant débrayé.

La surveillance du vif

Le comportement du vif qui doit être constamment surveillé, surtout si l'on est dans un secteur lui offre la possibilité de partir dans un herbier ou dans des branches. Cette surveillance limite donc le nombres de vifs et de cannes.

Suivant l'espèce, le vif est plus ou moins actif mais s'il ne bouge plus au bout d'un moment c'est qu'il est peut être mort et doit donc être changé. S'il ne bouge pas assez (soit du fait de sa nature, soit parce qu'il est fatigué), il n'est pas très attirant : il faut alors l'exciter en pratiquant de courtes séries de retenues-lâchés. Un tel comportement peut causé par un montage trop lourd pour le vif ( plomb excessif ou bas de ligne en acier trop rigide).

Le ferrage

Il est, bien sûr, fonction du type d'eschage choisi. Dans tout les cas, il doit être rapide et ample pour bien piquer dans la gueule pavée du carnassier ; contrairement aux cyprinidés, l'intérieur de la gueule du carnassier est le plus souvent constitué de cartilages ou de dents ce qui ne facilite pas la pénétration de la pointe d'un hameçon.

Si plusieurs ferrages successifs se soldent par un échec, c'est qu'un problème technique doit être résolu:

La lutte

Chaque carnassier a une réaction différente après un ferrage et le plus difficile est de bien la contrôler.

Le sandre et le silure tentent de gagner le fond en force ; il faut les en empêcher en veillant à bien maîtriser le frein du moulinet car les redémarrages sont nombreux.

La perche ne donne que des coups de tête qui s'espacent et faiblissent au fur et à mesure qu'elle est bridée.

Le brochet est rusé ; il se laisse amener pour mieux repartir. Avec lui, la patience est de rigueur et il faut s'attendre à tout moment à le voir ruer et partir dans une nouvelle direction, en surface ou vers le fond.

Les poissons

L'anguille, le brochet, le sandre et le silure glane sont les poissons relevant directement de cette technique. Ce ne sont cependant pas les seuls :

Les postes à barbeaux en rivière : La façon de placer le caillou sur le fil pour mieux détecter la touche.

Le barbeau. Le meilleur vif pour attirer un gros barbeau est l'un des petits poissons suivants : ablette, spirlin ou vairon ; tous ces petits vifs doivent être eschés par le nez ou par les lèvres, d'où un ferrage rapide. Leur intérêt est que ce sont des espèces qui ne tentent pas de se mettre à l'abri derrière une pierre, mais qui restent bien en vue au-dessus du fond. Le de Aligne est à plomb perdu, le lest étant fixé sur un fil plus fin en dérive ; comme on pêche sur des fonds caillouteux, en cas d'accrochage dans les cailloux, on récupère la ligne à l'exception du lest.

On prend du 35/100 en corps de ligne, du 30/100 en bas de ligne et en potence pour le plomb perdu, et un hameçon triple n° 10. On pêche sous le scion au ras de la berge. Pour bks: détecter la touche, il faut poser un petit caillou fil détendu. Dès le premier coup de tête du le fil se tend et le ferrage doit être effectué

Le chevesne. En hiver, le meilleur vif est un petit chevesne ; au printemps un gardon ; en été et en automne un petit goujon, une une bouvière ou une loche. Le chevesne étant méfiant, le frein doit être desserré au maximum pour ne pas donner résistance.

Les postes à chevesne en rivière : Les gros chevesnes se tiennent dans les sillons et I où il faut aller les chercher.

Les montages varient selon la saison :

- en été on utilisera un montage classique de fond avec olive coulissante de 10/20g une ligne en un seul brin en 18/100, un hameçon triple n° 8 ou 10; une chevrotine bloquant l'olive à 50 cm du vif; - le reste de l'année, on optera pour une ligne flottante avec un corps de ligne en 22/100, un bas de ligne en 18/100, un flotteur portance de 10 g et un hameçon triple n°8 à 12 selon le vif.

La perche. Le meilleur vif à perche en toutes saisons est le goujon ; les autres vifs à utiliser ne peuvent être que des alevins ne dépassant pas 5 cm : vairons, ablettes, spirlins ou bouvières.

Les postes à perche en rivière : Ils se situent en queue de courant, devant des obstacles ou le long des berges verticales.

Le montage varie selon que l'on pêche en plan d'eau m en eau courante :

Le poisson-chat. Seul les plus gros spécimens, ceux qui peuvent être cuisinés, valent la peine d'être péchés. Les vifs doivent être petits ; le vairon, l'ablette et le spirlin sont efficaces. Comme la perche, le poisson-chat engame ses proies par la queue en les mutilant ce qui oblige à armer le vif sur l'arrière. Un matériel léger de pêche au vif suffit.

Le montage le plus efficace comprend un corps de ligne en 16/100, un flotteur à portance de 3 à 5 g, un bas de ligne en 14/100, un hameçon simple n° 10 ou 12 ou un triple n° 15.

La touche est franche : le flotteur disparaît, puis remonte, redisparaît, remonte, et ainsi de suite en attendant le ferrage. On sait alors ce qu'on a au bout de la ligne.

Conseil

Il faut positionner les hameçons près de la queue du vif car la perche qui chasse à courre, engame toujours ses proies par l'arrière.

Savoir changer de poste

La pêche au vif n'est pas aussi statique qu 'il y paraît. Quand on a pris un brochet de taille respectable, le suivant n 'est pas dans le même secteur; chaque brochet adulte a son territoire et il faut chercher le prochain en se déplaçant d'au moins 100 m sur la berge ou en barque. Pour les autres carnassiers, on peut rester en place après une première prise ; mais si aucune prise n'a été faite au bout d'une bonne heure, mieux vaut aller pêcher d'autres postes.