Infection sexuellement transmissible

(Redirigé depuis Les MST, maladies sexuellement transmissibles)

Les maladies sexuellement transmissibles, appelées aussi MST ou maladies vénériennes, sont des maladies infectieuses contagieuses, transmises lors des rapports sexuels. Elles touchent chaque année environ 250 millions de personnes à travers le monde.

Une maladie sexuellement transmissible (MST) est une infection qui se transmet principalement, mais pas exclusivement, par les rapports sexuels. Il n'existe actuellement aucun traitement contre les virus de l'herpès génitale, de l'hépatite B et du sida.

De nombreux germes peuvent se transmettre pendant les rapports sexuels : des bactéries, des champignons, des virus et même des parasites. Traditionnellement, les maladies dites vénériennes étaient caractérisées par l'apparition d'une lésion locale génitale à la suite d'un rapport sexuel.

Mais certaines MST ne provoquent pas de symptômes au niveau des organes génitaux : les germes ou les virus contenus dans le sperme ou les sécrétions vaginales peuvent se transmettre sans aucune trace à l'occasion des rapports sexuels ; c'est le cas de l'hépatite B et du sida. Les poussées d'herpès peuvent toutefois être écourtées par l'administration d'un antiviral, et l'hépatite B est la seule MST pour laquelle on dispose maintenant d'un vaccin.

Le risque de contracter une MST est d'autant plus important que le nombre de partenaires sexuels est élevé. Si vous pensez être infecté, abstenez-vous de tout rapport sexuel tant que vous n'avez pas suivi le traitement approprié. Votre ou vos partenaires devront également être soignés le cas échéant.

Les causes

Les bactéries responsables des MST sont principalement les chlamydias et les mycoplasmes. Les bactéries causant la gonococcie (également nommée blennorragie), le chancre mou, la syphilis, la lympho-granulomatose vénérienne (maladie de Nicolas-Favre) sont aujourd'hui plus rares qu'il y a 50 ans. Néanmoins, la syphilis et la gonococcie restent bien d'actualité.

Les champignons entraînent des mycoses locales, comme les candidoses. Les virus sont responsables d'affections telles que l'herpès génital, les condylomes papillomateux, la mononucléose infectieuse, l'hépatite B ou le sida. Les parasites responsables de MST sont essentiellement les trichomonas, ainsi que le pou du pubis (morpion).

La blennorragie

La blennorragie, couramment appelée chaude-pisse, est la plus ancienne des maladies sexuellement transmissibles connues. Elle figure parmi les maladies infectieuses les plus répandues au monde. Elle se rencontre surtout chez les adultes jeunes qui ont des partenaires sexuels multiples. Cette maladie, également connue sous le nom de gonococcie, est due à une bactérie, le gonocoque Neisseria gonorrheae.

Chez l'homme, elle entraîne un écoulement au niveau du canal urinaire et une sensation de brûlure en urinant. Chez la femme, des pertes blanches et des inflammations locales apparaissent.

Le traitement de la blennorragie repose sur la prise d'antibiotiques. Il doit être entrepris tôt, pour éviter les complications, et le malade doit s'abstenir de tout rapport sexuel pendant les soins.

Les symptômes

Les MST classiques apparaissent dans un délai variable après le rapport sexuel contaminant.

Chez l'homme, l'attention est attirée soit par une lésion sur la verge, sous forme d'une rougeur, d'une érosion localisée arrondie (chancre syphilitique, chancre mou), de vésicules (herpès), d'ex-croissances (condylomes). Il peut également y avoir un écoulement par le canal urinaire avec douleurs à l'émission des urines (urétrite) ; l'écoulement peut être purulent (gonococcie) ou clair et peu abondant (chlamydias, mycoplasmes).

Chez la femme, les lésions passent souvent inaperçues, mais la survenue de douleurs locales, de brûlures urinaires, de démangeaisons, de pertes vaginales inhabituelles, de douleurs lors des rapports doit conduire à consulter un médecin qui pratiquera un examen local attentif.

Chez les deux sexes, les MST peuvent entraîner des lésions au niveau de l'anus et du rectum et l'apparition de ganglions au pli de l'aine.

Les MST non traitées peuvent se compliquer, notamment chez la femme, en s'étendant aux trompes utérines et en provoquant une infection appelée salpingite ; cette dernière peut conduire à la stérilité.

La transmission sexuelle de virus tels que le VIH (sida) ou celui de l'hépatite B ne provoque aucun signe local. La séroconversion plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard peut également passer inaperçue, et le moment de la contamination est souvent difficile à préciser.

Le diagnostic

Le diagnostic des MST est établi dans des centres et des services spécialisés ou par des médecins spécialistes.

Le germe responsable de la maladie est retrouvé soit par un examen microscopique (urines, écoulement de l'urètre, sécrétions vaginales), soit par un test sérologique (prélèvement de sang).

Le traitement

Le traitement doit être suivi par les deux partenaires sexuels, sinon la rechute est assurée. Il peut comprendre des antibiotiques, des antiviraux, des antimycosiques ou des antiparasitaires, selon la maladie en cause.

Ils sont administrés en comprimés et par voie locale (pommade à appliquer sur la verge ou la vulve et ovules à base d'antibiotique et d'antimycosique à introduire dans le vagin). Ils permettent de traiter de manière efficace la plupart des MST. Les symptômes disparus, des tests sont de nouveau effectués pour vérifier que les patients sont bien guéris.

La prévention

La seule prévention efficace des MST repose sur l'utilisation du préservatif masculin lors des rapports sexuels. Cette précaution vaut notamment pour les personnes appartenant à un groupe à risque : homosexuels et hétérosexuels ayant des partenaires sexuels multiples, toxicomanes utilisant des seringues usagées, prostitué(e)s.

Pour éviter la propagation de ces maladies, tous les partenaires sexuels récents d'une personne atteinte de MST devraient être suivis médicalement (dépistage et traitement).

Le préservatif

Le préservatif masculin, tube souple en latex, est un moyen de contraception mais aussi la meilleur protection contre la transmission de germes par voie sexuelle. Il empêche le passage du sperme dans le vagin et supprime le contact direct entre les muqueuses et la peau des deux partenaires.

Pour que le préservatif soit efficace, il faut suivre scrupuleusement son mode d'emploi : il doit être enfilé sur la verge en érection complète, avant la pénétration sexuelle. Pour éviter qu'il n'éclate ou ne fuie, il faut chasser l'air du petit réservoir qui se trouve à son extrémité en le pinçant. Après éjaculation, l'homme doit se retirer en maintenant le préservatif à la base du pénis pour qu'il ne glisse pas, puis l'enlever et le jeter. En outre, il faut vérifier qu'il possède bien une norme de qualité.

La seule prévention efficace

Liste des maladies

Maladie Symptômes Traitement Risques en cas d'absence de traitement
Sida Les symptômes se développent progressivement, et le sujet ne peut présenter aucun symptômes pendant des années. Augmentation des ganglions, grosse fatigue, et beaucoup de fièvre. Il n'existe aucun traitement pour l'instant. Le dépistage ou la prise en main rapidement et précoce permettent d'y lutter. /
Infection à chlamydiæ Peu de symptômes. Brûlures modérées pendant la miction; écoulement urétral, pertes vaginales parfois sanglantes. Infection de l'appareil génital. Antibiotiques. Hommes : stérilité. Femmes : métrite; salpingite; hypofécondité. Pneumonie et troubles oculaires graves chez l'enfant né de mère infectée.
Poux du pubis (morpions) Démangeaisons, infestation des poils. Shampooing et pommades pesticides. Aggravation de l'infestation.
Herpès génital Poussées récurrentes de vésicules autour des organes génitaux ou de la bouche, parfois accompagnées de fièvre, de maux de tête, de ganglions et de malaises. Antiviraux. Femmes : risque de cancer du col de l'utérus; d'avortement; d'accouchement prématuré et de contamination du nouveau-né.
Gonococcie Souvent aucun symptôme. Miction douloureuse. Écoulement urétral et pertes vaginales parfois sanglantes. Antibiotiques (mais certaines souches ont développé une résistance aux antibiotiques). Arthrite; atteinte cardiaque; lésions cérébrales; stérilité. Hommes : urétrite. Femmes : métrite; salpingite; infection oculaire grave chez le nouveau-né.
Hépatite B Fatigue, fièvre, perte d'appétit, nausées et douleurs articulaires. Traitement par repos, suppression d'alcool, et alimentation équilibrée. Une maladie du foie peut apparaître.
Urétrite Écoulement urétral ou pertes vaginales; miction difficile et douloureuse; douleurs de la sphère génitale. Parfois asymptomatique. Antibiotiques Femmes : métrite; salpingite; infection du col. Hommes : cystite; orchite; prostatite; rétrécissement de l'urètre.
Syphilis Stade primaire : chancre sur les parties génitales ou extragénitales qui guérit en quelques semaines. Stade secondaire : éruptions cutanées, fièvre, malaises, ganglions, chute des cheveux. Puis disparition des symptômes pendant plusieurs années. Antibiotiques Stade tertiaire : lésions cérébrales et nerveuses pouvant entraîner la cécité, la paralysie et la folie; troubles cardio-vasculaires; mort. Risque de malformation ou de mort pour le nouveau-né contaminé.
Infection à trichomonas Parfois aucun symptômes. Femmes : inflammations des organes génitaux; pertes vaginales. Hommes : inflammation du gland ou de l'urètre. Traitement spécifique. Pas de risques de complications graves.
Végétations vénériennes (ou crêtes-de-coq)Petites verrues sur l'appareil génital. Électrocoagulation, laser, azote liquide, chirurgie. Peuvent se multiplier. Responsables de dysplasies pouvant évoluer vers un cancer du col de l'utérus.