Me connecter | Pas encore inscrit ?

Navigation
Accueil

Encyclopédie

Contribuer

Boîte à outils

Dictionnaire

Chercher un mot :

Conjugueur

Conjuguer un verbe :










Les critères pour identifier les oiseaux

Repérer les oiseaux du jardin et parvenir à les observer dans les meilleures conditions représente déjà une étape importante. Mais il n'est pas pleinement satisfaisant de s'en tenir là... Bien vite apparaît le désir de mettre un nom sur les espèces qui se présentent à la mangeoire ou au fond du jardin. En dépit du nombre raisonnable d'oiseaux à identifier, l'apprentissage est affaire de perspicacité et... de patience !

Un peu de théorie

On peut apprécier les oiseaux dans son jardin sans être pour autant capable de les rattacher aux espèces dont ils sont les représentants ; d'ailleurs, ignorer que celui qu'on observe est une mésange n'entame ni sa beauté ni son intérêt. Pourtant, ne pouvoir identifier les oiseaux rencontrés peut entraîner une certaine frustration ; sans compter que cette connaissance facilite singulièrement à la fois la recherche d'informations complémentaires et la communication de données.

Ce n'est pas si compliqué

À condition de "s'y mettre", l'identification des oiseaux du jardin ne représente pas une entreprise si difficile qu'il y paraît : tout d'abord, la liste des espèces n'est pas si longue ; ensuite, parmi celles qu'on a des chances de rencontrer se dégage un noyau d'oiseaux visibles quasiment en permanence auquel s'ajoutent des espèces d'apparition régulière soit à la belle saison, soit en hiver. Au prix d'un peu d'attention et d'assiduité, l'observateur saura identifier assez facilement ces oiseaux relativement communs.

Et nul n'est tenu de devenir un ornithologue ultra-compétent ! Être capable de reconnaître quelques-unes des principales espèces apporte déjà une réelle satisfaction et constitue un point de départ à partir duquel on choisira ou non de progresser, selon son degré d'intérêt.

Se faire aider

On progresse en général plus rapidement lorsqu'on a la chance de bénéficier de conseils. Peut-être une personne du voisinage s'intéresse-t-elle déjà aux oiseaux et acceptera-t-elle de faire partager son expérience ? À défaut, il est toujours possible de s'adresser à une association ornithologique ou naturaliste organisant des sorties d'initiation. En ce cas, il ne faut pas hésiter à poser des questions, en veillant à se munir d'un guide d'identification afin de pouvoir montrer les espèces que l'on pense avoir reconnues. Les inévitables erreurs de départ seront alors corrigées, et les progrès interviendront sans tarder.

Le lieu et l'époque

Mésange bleue

Lieu et époque du repérage : ces deux paramètres, liés, sont très importants dans la recherche d'identification. Ils permettent aux débutants - et pas seulement à eux... - de procéder par élimination. Même si des exceptions peuvent éventuellement se présenter, les règles énoncées ici valent vraiment d'être prises en compte.

Où et quand ?

Durant la période de nidification (printemps, été), surtout, et au cours de l'hiver, les oiseaux ont tendance à être fixés (les sédentaires le sont, par définition, toute l'année). Le reste du temps, ils deviennent plus mobiles, se livrant à des déplacements migratoires ou nomades qui peuvent les amener dans des régions où ils ne font que passer, même s'il arrive que ces passages soient réguliers.

L'examen des cartes de répartition permet de mieux comprendre quels oiseaux on a des chances de voir en fonction du lieu et de la saison et de procéder ainsi à un "dégrossissage". Un pinson du Nord en juillet constitue une hypothèse peu probable, de même qu'une hirondelle de fenêtre en janvier. De manière analogue, une fauvette mélanocéphale près de Cambrai serait véritablement une surprise, tout comme un petit-duc scops dans le Cotentin.

Toutefois, l'échelle à laquelle les cartes sont reproduites dans les guides interdit de rendre compte avec exactitude de la présence d'un certain nombre d'espèces à la répartition plus ou moins clairsemée. Pour obtenir l'image la plus fidèle possible, il faut alors consulter l'atlas national des oiseaux nicheurs ou les atlas régionaux. Mais même alors, le maillage utilisé reste trop large pour que l'on puisse être certain de trouver telle ou telle espèce dans son jardin...

Le comportement, clé d'identification

Chardonneret

Aspect fondamental en matière d'identification, le comportement est envisagé ici, à dessein, avant le plumage. Les oiseaux n'apparaissent jamais figés dans la nature comme on les découvre sur les planches des ouvrages d'identification. Connaître le plus précisément possible leur façon d'être, leurs habitudes, leurs attitudes représente donc une aide précieuse pour les identifier. Une fois acquise une expérience suffisante en ce domaine, on parvient souvent à déterminer l'espèce d'un oiseau sans recourir à tous les détails du plumage.

Combinés, les différents critères examinés ci-après peuvent permettre d'aboutir à une identification ou de la confirmer.

L'oiseau est-il farouche ou non ?

Cet aspect comportemental est ici considéré comme une aide à l'identification.

On pourrait presque dresser un tableau des espèces en fonction de leur caractère plus ou moins farouche. "Presque" car on constate des disparités locales, des différences entre jardins urbains ou non, et enfin des variations tenant aux individus eux-mêmes (nous donnons toutefois ci-dessous, à titre indicatif, des informations sur le degré de méfiance à observer). L'exemple du merle noir illustre ces différences : dans un parc urbain, cet oiseau peut tolérer la présence des promeneurs à moins de cinq mètres car il sait qu'ils ne s'écarteront pas de l'allée pour s'avancer sur la pelouse ; dans un jardin campagnard, sa distance de fuite est à multiplier en général par deux ou trois (et d'autant plus que surviennent fréquemment des perturbations dues à des enfants, des chats ou des chiens) ; pourtant, il arrive qu'un merle très confiant (imprudent ?) s'approche de l'observateur à condition que ce dernier reste statique et calme.

L'installation de mangeoires tend à faire chuter la distance de fuite de bien des espèces, surtout en cas de froid vif et/ou d'enneigement prolongé. Ainsi le grosbec, normalement impossible à approcher, consent à venir à quelques mètres de la maison lorsque de la nourriture l'attire.

L'oiseau est-il grégaire ou non ?

L'isolement d'un oiseau peut être fortuit, aussi ne faut-il en tirer de conclusions qu'avec prudence. En revanche, le grégarisme n'est que par exception le fruit du hasard, si bien qu'il constitue un indice intéressant.

Les oiseaux du jardin que l'on peut observer en groupes plus ou moins importants se réunissent pour la plupart en dehors de la saison de reproduction et surtout dans le but de chercher leur nourriture et/ou de dormir.

Du plus sociable au plus solitaire

Parmi les espèces les plus grégaires (indépendamment de l'effectif réuni) figurent le choucas des tours, l'étourneau sansonnet, la grive litorne, la grive mauvis, la mésange à longue queue, le chardonneret élégant, la linotte mélodieuse, le pinson du Nord ou le tarin des aulnes. Tous ces oiseaux recherchent assidûment la compagnie de leurs semblables et passent avec eux l'essentiel de leur temps, au moins durant les mois d'automne et d'hiver.

Les membres d'autres espèces se rassemblent notamment le soir, pour gagner des dortoirs collectifs automnaux et hivernaux : bergeronnette grise, moineau domestique, verdier d'Europe, pie bavarde ou pigeon ramier.

Enfin, d'autres réunions sont fortuites ou bien davantage liées à des circonstances particulières telles que l'exploitation d'une ressource alimentaire ponctuelle ou une parade collective. C'est le cas des regroupements de mésanges, de corneilles, de geais, de pouillots, de roitelets ou de ceux, spectaculaires, des hirondelles sur les fils aériens.

Inversement, il est des espèces qui, en dehors de la saison de nidification où l'on peut les observer en groupes familiaux, s'avèrent des solitaires déclarés ou apprécient de conserver leurs distances. L'accenteur mouchet, la chevêche, la hulotte, l'épervier, le gobemouche gris, le merle noir, les pics, le rougegorge ou les rougequeues aiment préserver leur tranquillité. En conséquence, le simple fait, par exemple, de voir une quinzaine de petits passereaux brunâtres et rayés exclut l'accenteur mouchet (il s'agira de moineaux ou de linottes) ; une troupe d'oiseaux noirs à bec jaune progressant à l'unisson sur une pelouse sera composée non de merles mais d'étourneaux.

Où l'oiseau est-il posé ?

Bien qu'il faille utiliser ce type de critère avec circonspection, il se dégage toutefois un certain nombre de règles ou, du moins, de constantes. Certaines espèces ne se posent jamais ou presque sur les bâtiments, alors que d'autres en ont l'habitude. Certains oiseaux apprécient les fils, d'autres les dédaignent. Ceux-ci adorent se percher au sommet des arbustes ou des arbres tandis que ceux-là leur préfèrent l'abri des feuillages. Il est des espèces qui recherchent les perchoirs isolés (piquet, plante, poteau...), et d'autres qui ne s'y posent jamais. Enfin, certains oiseaux viennent souvent au sol, d'autres (peu nombreux, à vrai dire) rarement ou jamais.

Quelques exemples

La bergeronnette grise , le rougequeue noir ou les moineaux se posent volontiers sur les toits.

Le rougequeue à front blanc , l'étourneau sansonnet, la tourterelle turque, l'hirondelle rustique aiment se percher sur les antennes de télévision.

Le bouvreuil pivoine , le grimpereau des jardins ou le roitelet huppé ne se perchent jamais (en tout cas jamais durablement) au sommet d'un piquet, mais le gobemouche gris, le rougegorge, les rougequeues, le faucon crécerelle ou la chevêche le font très régulièrement.

L'accenteur mouchet, le merle, les grives, l'étourneau, les pinsons ou la huppe sont des adeptes des déplacements terrestres ; les mésanges ou les pouillots descendent au sol à l'occasion ; il est en revanche exceptionnel de voir à terre un grimpereau, un pic épeichette, un roitelet ou un martinet (dans ce dernier cas, l'oiseau court le danger de ne pouvoir redécoller).

Remarque : il est toujours intéressant de noter sur le journal du jardin les perchoirs inhabituels adoptés par tel ou tel oiseau. Un pouillot véloce sur une antenne ou un pic vert sur une cheminée valent ainsi d'être consignés.

Quelques comportements typiques

Certaines attitudes sont si particulières qu'elles permettent de connaître aussitôt l'identité de l'oiseau qui les adopte ou, en tout cas, de restreindre utilement les possibilités.

Les couleurs du plumage

S'il n'est pas toujours indispensable de détailler le plumage d'un oiseau pour l'identifier, une bonne connaissance en ce domaine facilite la tâche. En outre, examiner un oiseau attentivement, c'est se donner l'opportunité d'apprécier ses couleurs, ses dessins, voire de les admirer ; s'intéresser à son aspect offre bien des satisfactions d'ordre esthétique.

Les précautions d'usage

Dépasser les illustrations

Un oiseau dans la nature ne porte pas toujours les couleurs qu'il arbore sur les planches ou les photos des guides d'identification. Non que les illustrations soient infidèles aux modèles mais parce que la réalité est assujettie à certains paramètres comme la lumière ou l'état du plumage.

Tenir compte de la lumière du moment

À la belle saison, le soleil du matin ou celui du soir rend les couleurs chaudes plus soutenues et peut altérer le blanc ou le gris clair et les teintes pâles en les tirant vers le rose, l'orange, le roux ou le fauve. La lumière crue de milieu de journée tend à écraser les contrastes et à diminuer la valeur des teintes pâles ; elle peut même faire paraître partiellement blanc ou pâle un oiseau noir en se réfléchissant sur ses plumes. Le contre-jour, quant à lui, éteint les couleurs, ne laissant guère subsister que les contrastes entre les zones sombres et pâles.

Tenir compte de la saison

Le plumage des oiseaux supporte à la fois une abrasion et l'exposition à la lumière. Il connaît donc conjointement une usure mécanique et une décoloration affectant en priorité les teintes pâles, moins résistantes. Au printemps, le plumage nuptial présente un aspect "frais" et, lorsqu'elles existent, ses teintes sont fraîches et éclatantes. Par la suite, ces nuances s'affadissent, avant que la mue ne renouvelle le plumage, lui permettant alors de retrouver, en fin d'été ou en automne, soit un aspect analogue (chez le rouge-gorge, par exemple), soit un aspect un peu différent (chez le pinson des arbres) ou même totalement autre (c'est le cas de la linotte mélodieuse).

Reconnaître les différences individuelles

Il existe également des variations d'intensité colorée d'un individu à l'autre au sein d'une même espèce.

Identifier la couleur dominante

Tenir compte de la couleur d'un oiseau pour l'identifier requiert un peu de méthode.

En dépit des apparences, ce repérage est possible avec la plupart des espèces, notamment chez les femelles des espèces dimorphiques (celles où mâle et femelle sont dissemblables).

La détermination de cette teinte de fond se fait immédiatement pour les espèces monochromes ou presque, qu'elles soient toutes noires (merle, corneille, martinet, foulque) ou grises (fauvette à tête noire et, dans une certaine mesure, pigeons). Elle n'est guère plus problématique dans le cas des oiseaux bicolores, qu'ils soient noirs avec du blanc (hirondelle, pie, poule d'eau, pics épeiche et épeichette, gobemouche noir) ou blancs avec du gris (mouette rieuse, goéland argenté). Viennent ensuite tous les oiseaux (ils sont nombreux !) à dominante brune ou brun-gris, présentant ou non des plages ou des marques d'une ou plusieurs autres couleurs. Un certain nombre d'espèces sont à dominante verte, verdâtre, jaune ou jaunâtre (pic vert, verdier, serin, tarin, pouillots, hypolaïs...).

Zoom sur le jizz

Une bonne connaissance du comportement d'un oiseau permet de l'identifier sans avoir à examiner son plumage en détail. De la même manière, connaître suffisamment l'aspect général d'une espèce rend son identification possible avant même d'en avoir détaillé les caractéristiques. Cet aspect général, que les Anglo-Saxons appellent le "jizz" (terme désormais communément utilisé par les ornithologues francophones), est comparable à l'allure d'une personne : si on l'a suffisamment "dans l'œil," on la reconnaît sans peine même au milieu d'une foule. Cette faculté tient au fait que la mémoire a parfaitement intégré toutes les composantes de la silhouette. Les ornithologues expérimentés parviennent à un tel résultat, devenu un automatisme, avec les oiseaux qu'ils connaissent bien. Cette reconnaissance est à la portée de tout observateur des oiseaux du jardin ; il n'y faut que du temps et du sens de l'observation.

Les détails du plumage

Les oiseaux au plumage rigoureusement monochrome sont rares. Même chez ceux qui présentent une teinte dominante, le repérage de certains détails facilite l'identification.

Les zones colorées

Elles ne sont pas forcément déterminantes : un geai se reconnaît sans qu'il faille voir la superbe plage bleue ornant ses ailes. Elles peuvent toutefois s'avérer utiles, soit pour identifier une espèce (il est très délicat de différencier une femelle de bruant zizi ou de bruant jaune sans avoir vu la couleur du croupion, olivâtre chez la première, roux pour la seconde), soit pour distinguer le mâle de la femelle (tache rouge à la nuque du pic épeiche mâle, absente chez la femelle).

Les zones colorées apparaissent parfois restreintes - flanc roux de la grive mauvis -, voire très localisées, comme la tache rouge dans la "moustache" noire du pic vert. Elles s'étendent aussi parfois davantage : plastron orange du rouge-gorge, dessous orangé du rougequeue à front blanc mâle, poitrine jaune citron du serin cini.

Les marques

D'aspects très variables, elles sont souvent localisées à la tête, au croupion et aux ailes, parfois à la poitrine. Leur utilité pour l'identification est manifeste quand existe un risque de confusion.

Il peut s'agir d'un carré blanc au croupion, comme chez le bouvreuil ou le pinson du Nord. Ce sont parfois des traits, sombres ou pâles, sur les côtés de la tête, par exemple chez le roitelet à triple bandeau ou la grive mauvis. Un bandeau sombre traverse l'œil de la sittelle ou de la pie-grièche écorcheur mâle. Une bavette sombre marque la mésange nonnette , la mésange boréale, la mésange huppée, le grosbec ou le tarin mâle. Une calotte noire coiffe la tête de la fauvette à tête noire et de la mésange nonnette. Les côtés de la queue sont blancs chez le pinson des arbres, la mésange charbonnière ou la fauvette mélanocéphale.

Les taches, mouchetures ou rayures apparaissent, tantôt sur le dos, tantôt sur la poitrine, parfois encore sur les deux, chez plusieurs espèces parmi lesquelles l'accenteur, les moineaux, les grives, les bruants.

Il existe enfin des marques originales comme la "cravate" noire de la mésange charbonnière, la tache noire sur la joue blanche du moineau friquet ou la tache blanche au côté du cou du pigeon ramier.

Comment éviter certaines confusions

Espèce Confusion possible avec Indices (pour repérer l'espèce de la première colonne)
Accenteur mouchet Moineau domestique Bec fin
Bouvreuil pivoine (mâle) Rougegorge familier Calotte noire
Bergeronnette grise Bergeronnette des ruisseaux Pas de jaune
Bergeronnette des ruisseaux Bergeronnette grise Du jaune dessous
Bruant jaune (femelle) Bruant zizi (femelle) Croupion roux
Bruant zizi Bruant jaune (femelle) Croupion olivâtre
Choucas des tours Corneille noire Plus petit ; nuque grise
Corneille noire Choucas des tours Plus grande : nuque noire
Épervier d'Europe Faucon crécerelle Ailes larges à bout plus arrondi ; dessous barré (adulte)
Faucon crécerelle Épervier d'Europe Ailes plus étroites et pointues ; dessous tacheté/rayé
Fauvette à tête noire (mâle) Fauvette mélanocéphale (mâle) Gorge grise ; calotte juste au-dessus de l'œil ; pas de rouge autour de l'œil
Fauvette mélanocéphale (mâle) Fauvette à tête noire (mâle) Gorge blanche ; calotte descendant sous l'œil ; tour de l'œil rouge
Grive draine Grive musicienne Grande ; brun-gris ; taches rondes
Grive mauvis Grive musicienne Traits pâles à la tête ; flancs roux
Grive musicienne Grive draine Petite ; brune ; taches en pointes
Hirondelle de la fenêtre Hirondelle rustique Queue courte ; croupion et gorge blancs
Hirondelle rustique Hirondelle de la fenêtre Queue longue ; croupion noir ; gorge rouge foncé (adulte)
Linotte mélodieuse (femelle) Rougegorge familier Poitrine rouge et non orange
Martinet noir Hirondelles Longues ailes raides ; tout noir
Merle noir (femelle/jeunes) Grives Dessous à fond brunâtre ou roussâtre
Mésange bleue Mésange charbonnière Calotte bleue
Mésange charbonnière Mésange bleue calotte noire
Mésange noire Mésange charbonnière Pas de jaune dessous
Mésange nonnette Mésange boréale Tête menue ; bavette restreinte
Moineau domestique (mâle) Moineau friquet pas de point noir sur la joue ; calotte grise
Moineau friquet Moineau domestique (mâle) Point noir sur la joue ; calotte marron
Mouette rieuse Goéland argenté / leucophée Bec fin et rouge ; pattes rouges
Pic épeiche Pic épeichette Plus grand ; "épaules" blanches
Pic épeichette Pic épeiche Plus petit ; pas d'"épaules" blanches
Pigeon colombin Pigeon ramier pas de blanc : œil sombre
Pigeon ramier Pigeon colombin Barre blanche à l'aile ; tache blanche au cou ; œil pâle
Pouillot fitis Pouillot véloce Calme ; plus allongé ; pattes pâles
Pouillot véloce Pouillot fitis Nerveux (agite ailes et queue) ; plus rondelet
Roitelet huppé Roitelet à triple bandeau Tête plus unie (œil "dégagé")
Roitelet à triple bandeau Roitelet huppé Tête "marquée" (œil "camouflé")
Rougegorge familier Bouvreuil pivoine (femelle) Linotte mélodieuse (femelle) Par rapport à la Bouvreuil, pas de calotte noire ; par rapport à la Linotte, poitrine orange, non rouge
Rougequeue à font blanc (femelle) Rougequeue noir (femelle) Dessus plus sombre que le dessous
Rougequeue noir (femelle Rougequeue à font blanc (femelle) Dessus et dessous presque de même teinte
Serin cini Tarin des aulnes Pas de noir à la tête ; court bec épais ; ne se suspend pas à l'envers
Tarin des aulnes Serin cini Du noir à la tête ; court bec acéré ; se suspend à l'envers

Les signes distinctifs et la taille

Outre le comportement ou la couleur, certains oiseaux présentent des particularités morphologiques qui constituent des indicateurs sûrs. Si pour l'observateur confirmé, ces critères perdent certes de leur d'importance, ils restent d'une incontestable utilité pour qui fait ses premières armes.

La huppe

Peu d'oiseaux du jardin portent une huppe. Ce n'est le cas que de la mésange huppée, du jaseur boréal et de la... huppe fasciée qui peut la déployer à volonté à la façon d'un éventail. Même en ombre chinoise, ce détail permet d'identifier ces oiseaux. Les autres espèces sont capables de dresser les plumes érectiles du crâne. Chez certaines - geai ou mésanges -, il se forme ainsi un semblant de huppe, voire une vraie houppette, comme chez les roitelets.

La queue

Elle se remarque par sa longueur chez quelques espèces : la pie, le coucou geai, la mésange à longue queue, les bergeronnettes ; par sa brièveté chez d'autres : étourneau, grosbec casse-noyaux, troglodyte mignon, sittelle torchepot.

Sa forme échancrée permet de reconnaître, notamment en vol, certains fringilles (verdier, serin cini, tarin, pinsons, chardonneret, linotte).

L'hirondelle rustique adulte possède une queue très échancrée encadrée de longues plumes appelées "filets", mais celle du jeune oiseau est bien moins échancrée, tout comme celle de l'hirondelle de fenêtre (d'où un risque de confusion si l'on ne prend en compte que ce seul critère).

Détails originaux

Certains oiseaux présentent des particularités qui, si elles ne sont pas toutes fondamentales pour l'identification, valent d'être mentionnées et remarquées - ce qui n'est pas toujours aisé. La poule d'eau et la foulque - qui appartiennent à la même famille - portent au-dessus du bec une "plaque frontale", rouge chez la première, jaune chez la seconde. L'épervier, le faucon crécerelle, les pigeons et tourterelles présentent à la base du bec une sorte d'étui protégeant les narines, appelé la "cire". Le grosbec possède, aux ailes, des plumes curieusement évasées à la façon du toit d'une pagode. Le jaseur boréal porte, au bout de quelques plumes des ailes, de petites excroissances de "cire" rouge. Contrairement à l'hirondelle rustique, l'hirondelle de fenêtre porte des plumes sur les pattes, jusqu'au bout des doigts.

Des becs pour tous les goûts

Le bec est une mine d'informations. Est-il long ou court ? droit ou courbe ? épais ou mince ? pointu ou non ? Pour le décrire, mieux vaut employer un vocabulaire précis.

Zoom sur la taille

Au jardin comme dans la nature, les oiseaux se trouvent rarement les uns à côté des autres, rendant délicate l'évaluation de leurs tailles relatives. Il n'est guère plus aisé de préciser leur taille dans l'absolu, surtout si l'observation se fait à l'aide d'un instrument d'optique. Vue aux jumelles, une mésange bleue semble bien plus grande qu'elle ne l'est en réalité, ce dont on se convaincra facilement si l'on réussit à en approcher une suffisamment pour la regarder à l'œil nu. Les proportions d'un oiseau influent sur la perception qu'on a de sa taille : un oiseau à queue assez longue paraît toujours plus grand qu'il n'est si l'on ne considère que son corps.

Pour apprécier justement la taille d'un oiseau, la méthode la plus efficace consiste à fixer ses propres points de repère à partir d'espèces communes visibles quotidiennement ou presque. On peut ainsi choisir, par ordre croissant, le troglodyte, la mésange bleue, le moineau ou la mésange charbonnière, le merle et le pigeon ramier. Ce qui permet de préciser ensuite, s'agissant par exempte d'un grosbec : "J'ai vu un oiseau plus grand qu'un moineau mais moins qu'un merle." Un oiseau de la taille d'un troglodyte peut être un pouillot, un roitelet ou une mésange noire. Reste alors à prendre en compte les autres critères pour parvenir à l'identification.

Le vol

L'observateur se trouve rarement face à des oiseaux sagement posés, d'identification facile grâce à leur immobilité. Bien souvent, ils se déplacent au sol, dans les arbres ou les buissons. Dans ces mouvements, toutefois, leur aspect reste identique à celui qu'ils ont lorsqu'ils ne bougent pas. Tout change une fois que l'oiseau s'envole...

Une observation malaisée

Beaucoup des oiseaux du jardin, plutôt de petite taille, ont un vol furtif et rapide, ce qui ne facilite pas leur identification dynamique. C'est en les observant lors d'un déplacement de plus grande ampleur qu'on améliore les chances de les reconnaître ; encore ne parvient-on pas toujours à saisir des détails probants, ne serait-ce qu'en raison de la hauteur à laquelle ils se déplacent ou d'une lumière défavorable.

L'examen s'avère moins délicat avec les oiseaux d'une taille supérieure, surtout si leur vol est plus lent ou, mieux encore, s'ils planent et/ou pratiquent le vol à voile.

Les caractéristiques à noter

Décrire le plus précisément possible le vol d'un oiseau accroît fortement les chances de réussir le processus d'identification, au moins pour éliminer certaines hypothèses. Voici les jalons de cette observation.

Comment est la trajectoire ?

Est-elle rectiligne, un peu onduleuse, nettement onduleuse, directe, capricieuse ?

L'ondulation est un phénomène résultant de l'alternance de séries de coups d'ailes et de phases de plané descendant : plus ces dernières sont longues, plus l'oiseau perd de l'altitude et doit ensuite remonter, et plus les festons ainsi obtenus sont prononcés. Parmi les espèces à vol onduleux figurent les fringilles (les montées et les descentes décalées des membres d'une bande produisent un effet typique de "pistons") et surtout les pics, la grive draine et la chevêche.

Quel est le rythme des battements ?

Il s'agit ici de repérer, principalement lors des déplacements d'une certaine ampleur, si les ailes battent tout le temps ou par épisodes. De très nombreux petits passereaux battent des ailes sans arrêt ou presque, comme le font les pigeons et les tourterelles, notamment lorsqu'ils sont lancés dans un vol appelé à durer. Les espèces au vol onduleux, et qui donc ne battent pas constamment des ailes, ont été citées plus haut.

Remarque : les battements épisodiques ne déterminent pas toujours une trajectoire onduleuse ; les moineaux ferment irrégulièrement les ailes mais leur trajectoire demeure rectiligne, ce qui permet de les distinguer des fringilles.

Est-ce que l'oiseau plane ou use du vol à voile ?

La plupart des oiseaux sont capables de planer, même si certains ne le font que sur une courte distance juste avant de se poser, afin de réduire leur vitesse.

Le vol à voile, quant à lui, se reconnait à une trajectoire circulaire et un gain d'altitude. Les oiseaux de nos jardins susceptibles de s'y livrer ne sont guère nombreux.

Les vols particuliers

Les vols présentant des caractéristiques particulières offrent une aide à l'identification ou la rendent immédiate. En voici une description.

Gobemouche gris

S'envole, de façon répétée, d'un perchoir qu'il regagne souvent, à moins qu'il n'en choisisse un autre à proximité ; vol souple, vif et manœuvrant.

Épervier d'Europe

Alternance typique de glissades et de brèves séries de coups d'ailes lorsqu'il vole selon une trajectoire directe, à une certaine hauteur.

Faucon crécerelle

Pratique régulièrement le vol sur place, ou vol en "Saint-Esprit", pour repérer ses proies au sol.

Pigeon colombin

Vol de parade décrivant de larges cercles, avec alternance de séries de battements appuyés et de planés, ailes relevées en V.

Serin cini et verdier d'Europe

Au printemps, vol nuptial (avec chant prolongé) en circuits capricieux avec de curieux battements d'ailes appuyés et ralentis.

Pigeon ramier

Vol de parade comprenant une succession de montées avec battements d'ailes et de descentes planées, et, souvent, claquements d'ailes au terme des montées.

Tourterelle turque et tourterelle des bois

Vol nuptial ascensionnel, vertical, et descente en plané, f ailes étendues.

Troglodyte mignon

Vol direct, ailes vibrantes, comme un gros insecte.

Rougequeues

Coutumiers des volètements nerveux.

Les jeunes oiseaux

Grives draines

La connaissance du plumage adulte des oiseaux, parfois différent d'un sexe à l'autre, est insuffisante si elle ne s'accompagne pas de celle du plumage des jeunes. L'ensemble de ces données permet en effet non seulement d'identifier les espèces mais aussi de déterminer l'âge d'un oiseau, afin, par exemple, de savoir si l'espèce s'est reproduite localement. C'est également un moyen supplémentaire d'individualiser les oiseaux présents au jardin.

Juvéniles et immatures

Les oiseaux passent par plusieurs stades de plumage. Schématiquement, ils sont d'abord dotés d'un duvet, lorsqu'ils sont poussins ; leur premier vrai plumage est celui du juvénile (il ne dure que quelques semaines ou quelques mois, même si certaines plumes subsistent plus longtemps) ; viennent ensuite, selon les espèces, un ou plusieurs plumages immatures (dont le premier, appelé "plumage de1er hiver") ; c'est enfin le plumage adulte, régulièrement renouvelé au cours de la vie de l'oiseau à l'occasion des mues.

Copie presque conforme ou originalité

Toute la gamme existe, depuis de jeunes oiseaux ressemblant beaucoup à leurs parents jusqu'à ceux qui n'ont rien de commun avec eux, la silhouette exceptée. D'une manière générale, une fois que les passereaux juvéniles prennent leur plumage immature, à l'automne, ils sont très semblables aux adultes, au point qu'on ne peut parfois les en distinguer, si ce n'est à quelques menus détails près. Chez les autres oiseaux, la gradation apparaît moins brutale, s'étendant même parfois sur plusieurs années chez les goélands.

Chez les espèces dimorphiques, il est fréquent que le juvénile - et, parfois, l'immature - ressemble à la femelle ; c'est le cas, par exemple, du rougequeue noir.

Pour distinguer les jeunes

Quand les jeunes d'une espèce ressemblent étroitement aux adultes, il existe quelques "trucs" permettant néanmoins de les distinguer, parfois durant une brève période seulement. Les jeunes pies sont à peu près analogues aux adultes à ceci près qu'elles possèdent en arrière de l'œil une petite zone de peau nue, bleu azur. Les jeunes mâles de fauvette à tête noire ont une calotte noire comme les mâles adultes mais, au début, celle-ci est parsemée de taches brunes, traces de la calotte juvénile semblable à celle de la femelle adulte. Les jeunes corneilles, en dépit d'une structure d'ensemble plus légère que celle des adultes, rappellent leur parents à s'y méprendre si ce n'est que le noir de leur plumage moins lustré apparaît "éteint" ; ailes et queue sont en outre dépourvues des beaux reflets métalliques qu'arborent celles des adultes.

Le chant et la voix

Bruant jaune

Impossible de concevoir un article sur l'identification des oiseaux du jardin sans aborder la dimension sonore. En une séance d'observation, surtout si elle est assez brève, sur la douzaine ou la vingtaine d'espèces contactées, 25 à 60 % d'entre elles le seront très probablement uniquement à l'oreille : d'où l'intérêt de connaître le mieux possible les émissions vocales des oiseaux.

Patience et longueur de temps

La plupart des observateurs se concentrent presque exclusivement sur la reconnaissance visuelle des espèces, du moins dans un premier temps. Si elle apparaît comme la méthode la plus facile (ou la moins difficile...), il ne faut pas négliger pour autant la reconnaissance des productions vocales : l'idéal étant de parvenir à mémoriser l'association entre le son et l'image, de sorte qu'il suffit ensuite de voir un oiseau ou de l'entendre pour l'identifier.

Aucun doute, le pas à pas est la seule progression possible. On constitue peu à peu sa "banque de données sonores" personnelle en l'enrichissant régulièrement, même après plusieurs années, l'assiduité constitue un facteur important car, insuffisamment entretenues, les informations glanées tendent à s'oublier. Le problème se pose notamment au printemps lorsque, après plusieurs mois, il faut se remémorer les chants appris l'année précédente...

Décrire et transcrire

Si l'on ne dispose d'aucun moyen pour enregistrer les sons, il est toutefois possible de garder une trace des cris et des chants d'oiseaux. Il faut alors recourir à une description écrite précise en notant la longueur de l'émission vocale, son aspect répétitif ou inventif, sa force, sa hauteur, sa structure, ce à quoi elle fait penser (ainsi l'un des cris de la sittelle évoque une sonnerie de téléphone mobile...). Le recours à la transcription "phonétique" est également envisageable dans le cas d'un son peu complexe. Le cri d'alarme du rougegorge est un tic ! ou un tsic ! sec, celui du troglodyte est un drrrr ! ou drrrèè ! roulé, le pinson lance souvent un pinc ! incisif et le pigeon colombin émet des hou ! sourds par séries.

Question de méthode et d'opportunités

Plusieurs "stratégies" sont utilisables pour acquérir ces données -on peut, bien sûr, les combiner.

La première consiste à écouter la voix d'un oiseau que l'on observe et dont on connaît l'identité. Reste à mémoriser cette production sonore, de façon à pouvoir ensuite reconnaître l'oiseau sans avoir besoin de le voir. Ce n'est qu'après de multiples écoutes que l'on parvient à un résultat à peu près satisfaisant dans le cas de sons complexes, mais l'apprentissage peut s'avérer bien plus rapide avec des sons simples comme le chant du pouillot véloce ou le cri d'alarme du rougegorge.

La deuxième méthode, un peu plus aléatoire et ingrate, aboutit à des résultats solides car obtenus grâce à l'enquête et à la déduction. On entend un chant ou un cri, sans voir l'oiseau qui l'émet ; on cherche à l'apercevoir ; si l'on y parvient, deux possibilités se présentent : soit c'est un oiseau connu, soit il est inconnu ; dans le premier cas, la relation se fait immédiatement, et l'on peut sans doute la mémoriser plus aisément. Dans le second cas, il faut s'efforcer d'enregitrer mentalement à la fois l'aspect de l'oiseau inconnu et son chant ou son cri. Cette démarche plus ardue ne peut être rentable, à terme, qu'à condition de résoudre l'un des problèmes posés : identifier l'oiseau ou sa voix.

Une troisième possibilité, terriblement frustrante, se présente lorsqu'on entend un son inconnu sans parvenir à en découvrir l'émetteur... Même s'il s'agit d'un oiseau que l'on connaît de vue, le rapport avec lui sera évidemment impossible à établir. La seule parade réside dans l'acharnement : mener sa recherche jusqu'à localiser l'auteur du chant ou du cri. On se retrouve alors face au deuxième type de problématique examiné ci-dessus.

Si l'on identifie ultérieurement l'oiseau grâce à une illustration et qu'on se rappelle sa voix, on pourra le reconnaître ensuite rien qu'à l'oreille ; si on l'identifie grâce à la voix (avec l'aide d'un disque ou de quelqu'un de plus expérimenté que soi), on connaîtra déjà son aspect ; dans les deux cas, on sera dorénavant capable d'identifier cet oiseau autant à la vue qu'à l'oreille, ce qui constitue un progrès personnel appréciable.

Remarque : il est recommandé de s'initier à l'écoute en hiver ou au début du printemps, lorsque les manifestations vocales des oiseaux sont plus clairsemées. Au cœur du printemps, mieux vaut éviter le concert matinal où la multiplicité des participants forme un écheveau sonore très difficile à démêler.

Voix et comportement

Outre l'identification, les émissions sonores des oiseaux permettent de mieux interpréter leur comportement. Avec de l'habitude, on finit par distinguer les cris d'alarme ou d'inquiétude (ils sont fréquents), les cris d'irritation (lors d'un conflit à la mangeoire, par exemple), les cris de contact (lorsque le membre d'un groupe ne veut pas risquer de le quitter ou cherche des congénères auxquels se joindre), les cris de quémandage des jeunes ou encore des cris particuliers, peu audibles, émis aux abords du nid.

Bibliographie

Les oiseaux vous intéressent, pour en savoir plus :