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Les dégâts dus à la foudre

En terrain découvert, les êtres vivants sont sensibles non seulement au foudroiement direct (surtout en position debout), mais aussi au foudroiement dû aux coups indirects, c’est-à-dire par décharge latérale, par décharge induite, par tension de pas ou par tension de toucher. Il est dangereux de se mettre à l’abri d’un arbre isolé car si le corps humain est situé à moins de deux mètres du tronc, il constitue un chemin de moindre résistance électrique et subit préférentiellement la décharge électrique latérale (à hauteur de la tête ou de l’épaule). L’arbre isolé lui-même a beaucoup plus de chances d’être foudroyé que l’être humain isolé, qui se tient debout à distance décamétrique de celui-ci.

La décharge induite

D’une façon générale, toutes les structures non protégées sont à éviter. Il est préférable de ne pas se réfugier dans de petites constructions isolées (cabanes, granges) ou sous des constructions à toiture métallique soutenues par des montants isolés du sol (décharge électrique induite par couplage capacitif.

La tension de pas

Lorsque la foudre frappe le sol, le courant s’écoule dans les couches sous-jacentes du terrain souvent hétérogène qui subit une montée en potentiel importante au point d’impact. La tension de pas peut être dépassée au voisinage de ce point, surtout pour les quadrupèdes qui se font électrocuter (trajectoire du courant passant par le coeur) à cause du gradient de potentiel, engendrant des courants électriques dérivés entre les pattes antérieures et les pattes postérieures nombreux cas de foudroiement de bétail et de moutons ont été rapportés récemment encore.

La position idéale à adopter en terrain découvert n’est certes pas la position debout en contact avec le sol, mais la position accroupie et recroquevillée, la tête étant aussi proche que possible du sol et les bras encerclant les jambes. En position debout, pieds joints, l’être humain risque un foudroiement direct, car son corps constitue une résistance relativement faible pour le passage du courant de foudre. S’il marche, il est aussi sujet à une électrisation par tension de pas ; la situation est d’autant plus dangereuse que la résistivité du sol est plus élevée, qu’il est plus proche du point d’impact et que l’écartement de ses pieds est plus grand.

La tension de toucher

Le voisinage de structures métalliques est fortement déconseillé, tant pour éviter les décharges latérales que les électrisations par tension de toucher. En effet, l’électrisation par tension de toucher (ou de contact) se produit lorsqu’une personne aux pieds en contact avec un sol suffisamment conducteur touche un autre élément conducteur soumis à un potentiel électrique différent, introduit par les surtensions générées en un point d’impact de foudre à proximité du local ou sur l’installation de paratonnerres équipant ce dernier. Il faut donc éviter de toucher des objets métalliques par temps d’orage .

Règles élémentaire pour pour prévenir une décharge

Ne pas se promener à proximité des cours d’eau et, à plus forte raison, ne pas s’y baigner. Éviter de circuler à cheval, à vélo, à motocyclette, en voiture décapotée, sur un tracteur ou… perché sur une moissonneuse- batteuse (plusieurs agriculteurs foudroyés en plein travail aux États-Unis d’Amérique !).Mais on n’en meurt pas nécessairement ! Le livre Guinness des Records ne mentionne-t-il pas que l’ancien garde forestier Roy C. Sullivan aurait été frappé sept fois par la foudre, de 1942 à 1977 ? Surnommé le paratonnerre de Virginie ou paratonnerre humain, il aurait perdu l’ongle d’un gros orteil et ses sourcils, eu la chevelure enflammée et subi des impacts aux bras (épaule gauche brûlée), aux jambes, à la poitrine et à l’estomac… mais il survécut ! Hélas, ce rescapé de la foudre décida de se suicider, suite à un chagrin d’amour, en septembre 2003 !

À la campagne, évitez les points culminants, ne restez jamais groupés, écartez-vous des réverbères, des pylônes et des clôtures métalliques ainsi que des arbres isolés. Interrompez votre partie de golf ! Évitez les activités sportives de plein air sur les terrains de sports, surtout à la lisière d’un bois (où le gradient de potentiel est plus élevé, alors qu’en plein bois ou à l’écart de tout arbre dans la clairière, le potentiel électrique est quasi uniforme!) ou près de structures métalliques élevées. Sous une tente ou à l’intérieur d’une caravane, assurez-vous qu’un conducteur métallique, servant de paratonnerre et entourant tout le volume à protéger, soit relié correctement à la terre.

Six vaches tuées par la foudre à Réalmont

Évitez les sports nautiques : ni planche à voile, ni canoë, ni voilier ou yacht, à moins que ces derniers ne soient judicieusement protégés au moyen de structures métalliques extérieures servant de paratonnerres et plongeant dans l’eau dans leur partie inférieure (contact électrique de mise à la terre). En montagne, il faut s’éloigner rapidement des sommets, mais aussi s’écarter des parois, des anfractuosités, des fissures, des crevasses, des saillies, des promontoires, des arbres… et surtout abandonner tout objet métallique. Il est préférable de se recroqueviller afin de diminuer le plus possible la surface du corps et de se protéger ainsi des courants électriques dérivés.

Dans les zones urbaines, précipitez-vous à l’intérieur d’un magasin ou d’un bâtiment public où vous vous sentirez à l’abri. Si vous devez absolument vous déplacer par temps d’orage, marchez à petits pas ou courez (dans ce cas, un seul pied reste en contact avec le sol) en évitant de déployer tout objet métallique saillant (parapluie, etc.). À la maison, il est conseillé de fermer portes et fenêtres afin d’éviter les courants d’air, de rester assis autour de la table familiale loin de tout feu ouvert ou autre cheminée. Il faut débrancher les appareils électriques et l’antenne de télévision ou le câble de télédistribution (même si l’arrivée est souterraine !). Ne pas téléphoner à partir d’un poste fixe. S’éloigner des lignes électriques, des lignes téléphoniques, des canalisations métalliques d’eau ou de gaz, ainsi que des masses métalliques constituées par les appareils électro-ménagers (hotte aspirante, lave-vaisselle, radiateurs, etc.). Ne pas prendre de douche ni de bain par temps d’orage. La voiture est un bon abri si les fenêtres sont fermées et l’antenne de radio rentrée, la carrosserie métallique formant une cage de Faraday. Très conducteur, il empêche l’électricité atmosphérique de pénétrer à l’intérieur de l’habitacle et protège ainsi les occupants de la foudre. En revanche, il est conseillé de rouler à vitesse modérée par temps orageux, afin d’éviter tout sursaut incontrôlable généré par la frayeur liée au foudroiement.

En avion ou en fusée, à carlingue métallique, il n’y a guère à craindre, car les passagers sont à l’abri à l’intérieur d’une cage de Faraday. Comme les scientifiques l’ont prouvé récemment, les avions et les fusées initient eux-mêmes, à partir de leurs parties les plus pointues ou les plus anguleuses, des leaders d’interception provoquant des décharges de foudre durant le vol. Par exemple, le 9 novembre 2004, deux avions, frappés par la foudre au décollage, ont subi des avaries et ont dû rebrousser chemin à l’aéroport de Nice-Côte d’Azur. Toutefois, les avions risquent d’être happés par des courants d’air descendants intenses, en particulier en bordure de cumulo-nimbus, et de s’écraser au sol ; les pilotes sont priés de veiller à ne jamais se trouver dans ces zones dangereuses ; s’il se révèle impossible de s’éloigner suffisamment des nuages orageux, à la limite, il vaut mieux foncer en plein centre du nuage que de le contourner à trop courte distance. Si quelqu’un de votre entourage, frappé par la foudre, reste inanimé, pratiquez immédiatement la respiration artificielle et, si nécessaire, un massage cardiaque par compressions cadencées (environ une compression par seconde) du thorax de la victime allongée sur le dos, des techniques qui ont déjà sauvé de nombreuses vies humaines !

Dégâts occasionnés par la foudre

Un arbre frappé par la foudre, et le feu se propage aux bâtiments voisins

Si, chaque année, en Europe occidentale, la foudre continue à tuer une cinquantaine de personnes, elle en blesse des centaines d’autres. De plus, elle détruit des milliers de maisons, de clochers, de cheminées, et met hors d’usage des dizaines de milliers d’appareils électriques et électroniques (centraux téléphoniques, ordinateurs, systèmes d’alarme, téléviseurs, signalisation routière, sources d’énergie électrique, etc.). Il y a un siècle, le nombre relatif de victimes était certainement au moins dix fois plus important, car beaucoup plus de personnes travaillaient dans les champs, se promenaient à découvert et ignoraient les règles élémentaires de protection. Les journaux locaux n’hésitaient pas à consacrer leur première page à l’illustration de personnes foudroyées ; par exemple, une famille ou un sonneur de cloches à l’intérieur d’une église .

La pluie que l’on demandait avec tant d’insistance aurait pu venir plus discrètement et sans cet accompagnement de grêle et de tonnerre parfois meurtrier. Il y a quelques jours, à Héricy, près de Fontainebleau, trois cultivateurs, menacés par l’orage, commirent la grosse imprudence de se réfugier sous un énorme noyer. La foudre tomba. Un des hommes… fut tué net, son camarade… demeura paralysé de tout le côté gauche. Quant à la femme…, elle fut seulement précipitée à terre et n’eut que des contusions ; la population fut consternée de ce malheur. Nous avons tenu à en donner l’exacte reproduction dans l’espoir que ceux qui nous lisent perdront l’habitude, en cas d’orage, de se réfugier sous les grands arbres, paratonnerres dangereux qui attirent la foudre, mais sans la réduire à l’impuissance, comme l’engin que l’on doit à Franklin. Au cours du XXe siècle, la foudre se révèle de moins en moins meurtrière, grâce à l’urbanisation croissante des populations et à l’utilisation de moyens de transports modernes à structure métallique formant cage de Faraday.

Toutefois, on dénombre encore de nombreuses victimes et des dégâts considérables, comme le prouvent les quelques exemples typiques énoncés ci-dessous. Les personnes intéressées consulteront avantageusement le site www.apfoudre.com de l’Association Protection Foudre qui collationne des extraits de presse sur le sujet.

Parmi les accidents de ces quatre dernières années, citons, par exemple :

Aujourd’hui, les dommages matériels dont les coûts de réparation sont les plus importants touchent les innombrables équipements électroniques, mais ces incidents sont rarement répertoriés, même auprès des compagnies d’assurances.

Ces exemples justifient l’importance d’une protection efficace contre les multiples effets de la foudre.

Bibliographie

C. Bouquegneau, Protection contre la foudre, ANPI 136, Louvain-la-Neuve, Belgique, 2001. V.A. Rakov et M.A. Uman, Lightning – Physics and effects, Cambridge Univ. Press, 2003.