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Néolithique

À partir du néolithique, l'homme se sédentarise pour cultiver la terre et élever du bétail. il abandonne ses abris rocheux pour construire des huttes qui vont former bientôt les premiers villages.

Vers 8000 av. J.-C., les grands bouleversements climatiques sont terminés. Le climat est moins froid et plus humide et, à mesure qu'il se réchauffe, l'environnement se transforme. Progressivement, les fleuves, démesurément grossis, diminuent de volume et n'occupent plus que le fond de leurs vallées ; les côtes prennent à peu près leur aspect actuel, et les forêts remplacent les glaces. Bisons et mammouths disparaissent, les troupeaux de rennes remontent vers le nord et les chasseurs doivent souvent suivre le gibier. De nouvelles espèces animales apparaissent : sangliers, cerfs, renards, loups. Les hommes doivent adapter leurs techniques à ces conditions de vie.

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Sommaire
  1. La révolution néolithique
  2. Une aventure commencée en orient
    1. Les rites funéraires
    2. Le commerce au néolithique
  3. Les premiers villages
  4. Activités artisanales
  5. De la pierre polie au travail des métaux
    1. Dolmens et Tumulus

La révolution néolithique

Maison du néolithique

C'est à partir de cette époque que commence le nouvel âge de la pierre ou néolithique. Un nouveau faciès industriel apparaît : l'azilien (du Mas-d'Azil, Ariège). Outre des harpons en bois de cerf, des lames et des burins, les aziliens ont laissé des multitudes de petits outils de silex dits "microlithiques", ainsi que de curieux galets décorés de signes abstraits (points, cercles, lignes, etc.) auxquels on a attribué une signification magique. Mais surtout, c'est à cette époque que l'homme va entreprendre de domestiquer des animaux et des plantes.

C'est ce que l'on appelle la "révolution néolithique". C'est en effet une révolution car ce changement s'accompagne de bouleversements dans de nombreux domaines de l'activité humaine. La sécurité alimentaire entraîne une forte croissance démographique. Alors que le genre humain ne compte que 6 millions d'individus à la fin du paléolithique, il en compte 80 au néolithique. Les hommes sont assez nombreux et assez organisés pour créer les débuts d'une organisation politique et pour imprimer leur marque sur les paysages.

C'est une des grandes étapes de l'histoire de l'humanité. Elle se termine en Europe vers - 1900 mais le passage à l'âge du bronze est progressif.

Une aventure commencée en orient

Les premiers foyers de cette révolution se situent au Proche-Orient, essentiellement dans la zone du Croissant fertile, en Iran et en Anatolie. Vers 9000 av. J.-C., des groupes de chasseurs-cueilleurs se sédentarisent peu à peu. Ils domestiquent le blé et l'orge qu'ils avaient l'habitude de cueillir, puis apprennent l'élevage. La néolithisation se transmet ensuite au reste du monde.

Elle apparaît en Europe vers - 5500, d'abord dans les Balkans. Vers 3500 av. J.-C., l'ensemble du continent est colonisé par des agriculteurs, les derniers chasseurs-cueilleurs étant assimilés ou refoulés vers le Grand Nord.

Le néolithique arrive en France, entre le Vème et le IVème millénaire, par deux voies : l'une maritime par l'intermédiaire de pêcheurs venus du Sud, depuis les côtes de la Grèce et de la Yougoslavie et l'autre terrestre par des groupes venus d'Europe centrale, les danubiens. Alors que les premiers occupent les rives de la Méditerranée, du Portugal à l'Afrique, les seconds vont coloniser le Bassin parisien. La civilisation du Sud apporte le blé, l'orge, le mouton. Au nord apparaissent l'élevage du porc et du bœuf, les produits agricoles et la maîtrise de la fabrication de haches de pierre polie. Vers le milieu du IVème millénaire, la France est entièrement passée au stade néolithique et occupée par une civilisation assez homogène, dite "de Chassey", issue sans doute d'un mélange des deux influences. Vers 2500 av. J.-C. cependant, les différences régionales se renforcent à nouveau.

Squelette exhumé à Çatal Höyük.

Vers 3 500 avant notre ère, apparaissent les premières sépultures collectives, probablement familiales, et la hiérarchisation de la société se perpétue dans les tombeaux

Les rites funéraires

Si les premières tombes ont été creusées par l'homme de Neandertal voici 50 000 ans, c'est avec le néolithique que les pratiques funéraires deviennent complexes.

Alors que les néanderdaliens déposaient dans une simple fosse le défunt accompagné de quelques offrandes (fleurs, cornes de bouquetin), les sépultures du néolithique sont riches et témoignent de rapports étroits entre le monde des morts et celui des vivants. La plupart des défunts sont inhumés, mais l'incinération est connue très tôt. Les morts sont enterrés en position fœtale, allongés sur le dos. Vers 3500 av. J.-C. apparaissent les premières sépultures collectives, probablement familiales. La hiérarchisation de la société se perpétue dans la mort : les tombes de chefs se distinguent des autres par des objets somptueux.

Le commerce au néolithique

Contrairement à une idée répandue, les sociétés néolithiques ne vivent pas en autarcie complète.

Les hommes se mettent très tôt à échanger les matières premières et les objets qu'ils estiment précieux et qu'ils ne peuvent trouver sur place. Les coquillages, les pierres semi-précieuses, le bois pour faire les arcs, les fourrures ou le sel font ainsi l'objet d'un commerce très ancien. Plusieurs curiosités sont parvenues d'Afrique en Europe : de l'ivoire, des œufs d'autruche. Le commerce concerne aussi des produits moins rares mais réputés : le silex, irremplaçable pour la fabrication des armes et des outils tranchants, les haches particulièrement bien faites. Dans les régions où le silex abonde, des ateliers importants se mettent en place. À Nointel, dans l'Aisne, on exploite ainsi un grand gisement de silex grâce à des puits de mine et des galeries. C'est le début d'une industrie qui va se perfectionner surtout avec l'usage des métaux. Seule la métallurgie permet en effet une fabrication d'objets en série.

Les premiers villages

Après avoir domestiqué les plantes, les hommes vont s'installer près de leurs cultures. Il s'agit là d'un autre aspect de la révolution néolithique : la sédentarisation. En France, celle-ci n'entraîne pas encore la constitution de villes : il s'agit tout au plus de gros "villages".

Vers 4000 av. J.-C., le manque d'espace, conséquence de la croissance démographique rapide, commence à provoquer des tensions. On repère des traces de guerre : incendies, charniers, squelettes d'hommes avec des pointes de silex fichées dans les côtes. Les communautés humaines sont obligées de s'organiser pour se défendre. Les villages se perchent sur des hauteurs importantes ou se fortifient pour se protéger. Ils peuvent être ceinturés de fossés ou de remparts. Les hameaux de la culture de Fontbouisse, dans le Languedoc, regroupent ainsi plusieurs familles dans de longues habitations de pierres sèches à l'intérieur d'une grande enceinte basse, flanquée de tours rondes.

La pratique de la guerre entraîne aussi une réorganisation sociale. Le groupe des guerriers tend à dominer les autres groupes, ce qui se traduit par l'importance et la richesse de leurs sépultures. De même apparaissent des édifices plus vastes et plus hauts, comme à Fontbouisse, qui sont sans doute des demeures de chefs.

Activités artisanales

La poterie apparaît vers 6500 ans av. J.-C., sans doute à cause des nécessités du stockage et de la cuisson des aliments. On a retrouvé de nombreuses marmites, bouteilles, assiettes, vases et même des biberons et des jouets de terre. Les poteries permettent aussi la fabrication des fromages, de chèvre, de vache ou de brebis, dans des faisselles.

La pratique du tissage est également attestée par la découverte de quenouilles, de fusaïoles, d'écheveaux et de restes d'étoffes. Il s'agit de chanvre, mais on tissait sans doute aussi les fibres d'ortie et de lin. Il ne reste pas de trace d'un tissage de la laine, mais il est impossible de dire si ce n'est pas dû à la mauvaise conservation de ce matériau.

De la pierre polie au travail des métaux

L'outil type du néolithique est la hache de pierre polie : elle sert à abattre les arbres pour construire des maisons, à creuser le bois pour faire des pirogues ou... à donner des coups sur le crâne. Les pierres sont polies sur des polissoirs, gros blocs de grès entaillés de nombreuses rainures. La gamme de l'outillage néolithique est très variée et permet l'équipement des agriculteurs et des guerriers. À côté des outils de pierre les plus fréquents, on trouve des objets d'os, de bois ou de corne. Le bois est utilisé pour fabriquer cuillères et plats que nécessitent l'invention de la cuisine.

À la fin du néolithique, les hommes commencent à travailler les métaux pour faire des armes et des outils. Ils utilisent le cuivre et le bronze, c'est pourquoi on appelle la période qui succède à l'âge de la pierre "l'âge du bronze" (1800 - 750 av. J.-C.).

Dolmens et Tumulus

Tables de pierre, cercles magiques, pierres dressées, les constructions mégalithiques sont les plus anciens monuments de l'humanité.

Le néolithique est marqué par l'importance des rites funéraires. Leur manifestation la plus remarquable est la naissance du mégalithisme : les hommes se mettent à élever de véritables monuments de "grandes pierres" à leurs morts. Cette pratique n'est pas particulière à la France : on trouve des menhirs en Éthiopie, des tumulus en Inde... Les deux pôles de cette culture en France sont la Bretagne côtière et le Languedoc.

Les dolmens sont des tables de pierre, formées d'une dalle horizontale posée sur des blocs verticaux. Tous comportent au moins un couloir et une chambre funéraire plus large. Ce sont des sépultures collectives qui peuvent être ornées de gravures. Les tumulus sont des tertres formés d'une accumulation de pierres et de terre au-dessus d'une sépulture. On leur attribue des usages cultuels : culte du Soleil (figure de cercle de pierres dressées), culte des morts (la pierre dressée étant un monument funéraire visible de loin).