Préparer le sol de son jardin : affiner et niveler

Lorsqu'on laboure ou qu'on défonce le sol, la terre forme des mottes plus ou moins compactes qui doivent être rompues, brisées pour permettre un affinage du sol et une régularisation de surface, propices aussi bien aux semis qu'aux plantations. Avant la mise en culture par semis ou repiquage, le sol doit être spécialement préparé. Au sortir de l'hiver, il est passablement tassé. Le ruissellement des eaux, l'action du vent, ont formé en surface une croûte assez dure. Le début de la belle saison a entraîné le développement de certaines mauvaises herbes.

Il faut affiner et niveler la terre pour qu'elle puisse recevoir les semences. En même temps, il faut établir les planches au potager et reformer les plates-bandes au jardin d'agrément (en particulier lorsqu'elles sont en remblai). Cette étape comprend un ameublissement du sol en surface, un griffage (ou émiettage), puis un ratissage.

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Sommaire
  1. Les outils manuels
    1. Le croc à piocher
    2. La houe
    3. Le cultivateur (ou piocheur)
    4. La grelinette
    5. L'émietteur
    6. La fourche crochue (ou croc à fumier)
    7. La herse à bras
    8. Le râteau
  2. Les outils mécaniques
    1. La herse
    2. Le cultivateur
    3. Le pulvérisateur à disques
    4. Les fraises rotor-standard
    5. Les fraises arrière
  3. Le dressage des planches
  4. Le nivelage de grandes surfaces

Les outils manuels

Le travail de griffage et de ratissage est moins éprouvant pour le jardinier que les labours. Il faut utiliser quelques outils spécialisés, adaptés à la dimension du jardin et des surfaces de culture.

Le croc à piocher

En acier forgé, à deux ou trois dents, cet outil est utilisé pour décroûter et pour ameublir en surface. Il élimine du même coup les mauvaises herbes et permet d'extirper les racines et les pierres. Il convient particulièrement aux terrains lourds qui sont très tassés.

La houe

Outil polyvalent, en acier forgé que l'on utilise comme le croc, mais plutôt dans les terres légères. Très efficace pour éliminer les mauvaises herbes naissantes.

Le cultivateur (ou piocheur)

Outil moderne, très efficace pour briser la croûte et casser les mottes. Il existe à trois ou cinq socs. Le cultivateur permet de travailler rapidement à une certaine profondeur (cinq centimètres). Il extirpe fort bien racines et pierres. Certains modèles comportent un système de fixation des socs par vis ; on peut placer le nombre de socs voulu (un seul, même, si l'on travaille dans un endroit difficile d'accès). Utilisé à cinq socs, le cultivateur nivelle la surface et prépare le travail du râteau.

La grelinette

Outil peu connu des jardiniers mais précieux pour ameublir rapidement les grandes surfaces. Il comprend deux manches, les dents étant verticales. La grelinette se tient à deux mains ; on enfonce les dents et on incline les manches (sans se courber). La terre se soulève et s'émiette. Le même travail peut d'ailleurs être effectué à la fourche-bêche.

L'émietteur

Outil spécialement conçu pour briser les mottes et émietter la surface. Il existe deux types d'émietteurs. A lames fixes, l'outil se manie un peu comme un râteau, mais les dents rentrent plus profondément dans le sol. A roulettes à branches pointues, il est particulièrement efficace. Les branches s'imbriquent les unes dans les autres en position de cisaille. Ces émietteurs ont quatre ou six roulettes. Ils permettent en outre de ramener à la surface les mauvaises herbes et les racines. Les dents pénètrent assez profondément et aèrent le sol.

La fourche crochue (ou croc à fumier)

Fourche à dents courbes et assez flexibles. Peut être utilisée pour griffer des petites surfaces de terre légère ou pour niveler avant le ratissage. Excellent outil pour extirper les racines.

La herse à bras

Très efficace pour décroûter et briser les mottes sur grande surface. Les branches sont articulées sur l'axe. Les dents mesurent une vingtaine de centimètres. La herse est tirée par l'intermédiaire d'une courroie ou d'une corde.

Le râteau

Il sert à mettre la touche finale à la préparation de la terre à la semence. Il finit d'émietter en surface, il ramasse les pierres et les mauvaises herbes mais il peut aussi casser les petites mottes ou briser la croûte. Le râteau à dents courbes, plus résistantes, doit être préféré pour le griffage et le nivetage. Un râteau étroit, avec renfort triangulaire, est plus robuste. On peut enfoncer les dents profondément pour griffer.

Les outils mécaniques

Le griffage et l'ameublissement de surface peuvent être effectués à l'aide d'outils tractés par le motoculteur, ou avec des fraises de motohoue.

La herse

Elle permet de casser rapidement les mottes et de griffer. On peut la charger pour faire pénétrer les dents plus profondément.

Le cultivateur

Les socs peuvent pénétrer très profondément. Outil parfait pour ameublir en profondeur sans retourner. Idéal pour préparer la terre au printemps. L'écartement des socs peut se régler (disposition en V extensible).

Le pulvérisateur à disques

Spécialement conçu pour émietter la terre, cet outil est très efficace ; il faut le préférer aux fraises lorsque la terre a été correctement labourée en automne. Les disques verticaux émiettent en aérant en profondeur.

Les fraises rotor-standard

Outil spécifique d'ameublissement monté sur les motohoues ou à la place des roues sur certains motoculteurs. Les fraises effectuent un ameublissement très poussé. Elles ont cependant l'inconvénient de remuer un peu trop la terre. Pour émietter sans bouleverser le terrain, il faut donc travailler lentement, sans trop insister pour faire pénétrer les fraises profondément.

Les fraises arrière

Elles se montent sur le motoculteur avec un système de transmission. Le fait que le poids de la machine ne porte pas sur les fraises permet d'effectuer un travail beaucoup plus soigné, et plus en surface. Ces fraises émiettent le sol, brisent les mottes et extirpent les mauvaises herbes. Le travail de nivelage est considérablement simplifié. Ces fraises arrière coûtent assez cher à cause du système de transmission (prise de force).

Conseil :

Le plus vite possible après utilisation, nettoyez le fer des outils. En séchant, la terre devient en effet plus difficile à enlever. De plus, affûter régulièrement le tranchant à l'aide d'une lime plate; procédez à cette dernière opération avant d'entreprendre les travaux de labour.

Le dressage des planches

La préparation de la terre de culture se termine, au potager, par le dressage des plantes et, au jardin de fleurs, par le dressage des plates-bandes, des massifs et des corbeilles. Au potager, il faut fixer la dimension des planches (largeur de 1,50 m environ pour permettre au jardinier d'y travailler facilement). Ces planches sont séparées par de petits sentiers pour le passage des personnes et de la brouette. La surface d'une planche dépend de la culture à laquelle elle est consacrée (mais on cultive parfois plusieurs espèces sur une même planche. Le dressage de la planche commence par sa limitation au cordeau. Avant la mise en culture, il faut soigneusement émietter et affiner.

Un bon travail de préparation peut commencer par l'aération et l'émiettage en profondeur avec la grelinette ou la fourche-bêche. On enfonce à fond l'outil avec le pied ; on l'incline ensuite pour soulever la motte et on laisse retomber (ne retournez pas). Passez ensuite le cultivateur à cinq socs qui effectue un griffage en surface, émiette et extirpe les racines contenues dans le sol. Terminez au râteau pour achever l'affinage. Le travail au râteau consiste à enlever les pierres et les déchets qui s'opposent à la croissance des plantes. Si le terrain est très pierreux, utilisez un instrument à grandes dents cintrées dit "râteau à pierres". Il faut obtenir une surface unie, plane et aussi fine que possible. Généralement, le centre des planches est correctement affiné, mais les rives laissent à désirer. Au râteau, amenez les pierres et les déchets dans l'allée.

Les plates-bandes et corbeilles se dressent de la même façon que les planches du potager. Leur forme est très variable et dépend du goût et des besoins de sa décoration.

Au potager comme au jardin d’agrément, certains emplacements de cultures sont surélevées : les ados et les côtières permettent aux légumes de mieux profiter de l’ensoleillement ; les corbeilles remblayées sans exagérations donnent une meilleure présentation aux plantes à fleurs qui sont ainsi mises en évidence. La terre de remblayage doit être mise en place dès l’automne, avec la fumure. Une côtière constituée au printemps ne sera pas homogène. Il n’est pas question de creuser un trou dans le jardin pour remblayer la côtière ou l’ados (la terre profonde n’étant pas fertile) ; il faut prélever de la terre en surface. L’affinage doit être mené avec un soin particulier (il s'agit de culture intensive et il ne faut pas perdre de terrain). Sur les petites surfaces, on a intérêt à effectuer le travail d'affinage avec des petits outils à manier d'une seule main.

Le nivelage de grandes surfaces

Lorsque l'on souhaite créer une pelouse sur une grande surface, il faut éliminer certains accidents de terrain qui ne seraient pas esthétiques après la mise en herbe. Il faut combler les trous, aplanir les bosses et les talus. D'une manière générale, on cherche à obtenir un terrain avec des formes douces (ou parfaitement plat).

Un tel nivellement comporte des risques pour la fertilité de la terre. Lorsque l’on fait construire une maison par exemple, on peut faire niveler le sol au bull-dozer. Cet engin remue des quantités importantes de terre et mélange les couches fertiles avec le sous-sol. On est donc en général obligé de faire venir de la bonne terre dite « terre végétale » pour pouvoir cultiver immédiatement.

Pour obtenir une surface bien préparée aux semis, il faut labourer assez tôt en apportant de la fumure, puis passer la herse tractée plusieurs fois en hiver et au début du printemps afin d’éviter la formation d’une croûte.

Avant la mise en culture, on passe le cultivateur et la herse pour effectuer le dernier affinage.

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