Vasco de Gama

(Redirigé depuis Vasco de Gama, explorateur à 28ans)

Le globe terrestre est si vaste que pendant longtemps il fut très mal connu ; jusqu'au XVème siècle on ne pouvait préciser que la forme et l'extension de l'Europe. On savait bien qu'il existait deux autres continents, l'Asie et l'Afrique, mais avec des données très imparfaites ; il était pratiquement impossible de dire quelles en étaient la forme et les dimensions.

Vasco de Gama

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Sommaire
  1. Projet audacieux : atteindre les indes par la mer
  2. Les portugais triomphent
  3. Le voyage de Vasco de Gama
    1. Le 8 juillet 1497
    2. Le 14 juillet
    3. Le 16 juillet
    4. 7 000 kilomètres de voyage sur mer pour atteindre "Sainte-Hélène"
    5. Le 20 novembre
  4. Le géant des tempêtes : Adamastor
  5. La "Terre des Bonnes Gens"
  6. Le "Fleuve des Bons Présages"
  7. Le royaume de Malabar
    1. Conclu de justesse le traité de commerce
    2. Fait reconnaître la suzeraineté du Portugal
    3. Mourut le 24 décembre 1524

Projet audacieux : atteindre les indes par la mer

On imaginait l'Afrique plus courte qu'elle n'est en réalité, et l'on croyait que ses côtes occidentales tournaient brusquement vers le sud-est. Toutefois, on était certain que les eaux de l'océan Atlantique communiquaient avec celles de l'océan Indien : en suivant les côtes occidentales de l'Afrique, on devait donc parvenir jusqu'aux Indes, le fameux pays des épices (poivre, cannelle, noix muscade, gingembre...), ces produits si recherchés en Occident. En réalité, les Indes avaient déjà été atteintes, mais le voyage par voie terrestre était très long et coûtait fort cher. Quelle chance aurait le premier pays d'Europe qui parviendrait aux Indes par la mer! Il s'emparerait aussitôt du marché. En 1291, deux Génois audacieux, Ugolin et Vadino Vivaldi, s'aventurèrent à explorer les côtes africaines, mais... on ne les revit jamais.

Les portugais triomphent

Plus tard, au XIVème siècle, deux Portugais, Nuno Tristao et Diogo Gomes, parvinrent au cap Vert, puis en Guinée.

En 1455, le Vénitien Alvise Ca'da Mosto (qui, à la demande de l'infant don Henri du Portugal, écrivit le Livre de la première navigation) et le Génois Antoniotto Usodimare renouvelèrent cette entreprise ; mais, arrivés aux îles du Cap-Vert, ils durent renoncer à leur projet, et c'est encore à un Portugais, Barthélémy Diaz, que revint la gloire d'avoir atteint le premier les limites sud de l'Afrique et d'avoir navigué dans les eaux de l'océan Indien, appelé alors mer des Indes. Il accomplit cet audacieux voyage en 1487. Arrivé à l'extrême pointe sud de l'Afrique il fut assailli par de terribles tempêtes d'où le nom de "cap des Tempêtes" donné au fier éperon bordé par la mer.

Cependant, le roi de Portugal, Jean II, désormais certain que la route des Indes était ouverte, l'appela "cap de Bonne-Espérance." Plus tard, le roi Manuel, mis au courant du long et courageux périple de Christophe Colomb, décida d'envoyer une autre expédition chargée de suivre la route ouverte par Barthélémy Diaz. A sa tête fut mis un jeune Portugais de vingt-huit ans, Vasco de Gama.

Le voyage de Vasco de Gama

Le 8 juillet 1497

Les bateaux quittent le port de Lisbonne. Quatre caravelles prirent part à la grande expédition. Le bateau amiral, commandé par Vasco de Gama, était le San Gabriel. Pablo de Gama, le frère de Vasco, menait le San Raphaël, tandis que le Berrio marchait sous les ordres de Nicolau Goelho; le bateau qui transportait les vivres était conduit par Gonzalo Nunes. Parmi les cent soixante hommes qui prennent la mer se trouve Barthélémy Diaz. Le roi l'a chargé de se rendre à Mina, colonie portugaise située sur la côte septentrionale du golfe de Guinée, où il devra diriger une importante maison de commerce.

Le 14 juillet

Après avoir doublé l'île de Madère, les caravelles arrivent en vue du cap Nao et passent le cap Bojador (sinueux), la finis Africae (extrême limite de l'Afrique jusqu'en 1434, époque où le navigateur Gil Eannes avait réussi à le franchir). On croyait alors qu'une fois ce cap dépassé les navires étaient engloutis par des monstres ou fracassés par de terribles tempêtes. Ces craintes s'exprimaient par un dicton marin : Quem dobrar o cabo Nao ou voltarà nao! ("Qui double le cap Nao ne revient jamais plus !").

Le 16 juillet

Les caravelles jettent l'ancre dans une baie de l'île de San Iago (archipel du Cap-Vert). Diaz se sépare alors des hommes de l'expédition et poursuit sa route vers la Guinée portugaise. A la fin au mois, Vasco de Gama donne l'ordre de remettre à la voile.

7 000 kilomètres de voyage sur mer pour atteindre "Sainte-Hélène"

À la mi-octobre, après des semaines et des semaines de navigation sur l'océan, les caravelles passent la ligne de l'équateur, quoiqu'une violente tempête ait menacé d'engloutir le San Gabriel. Les voici donc dans l'hémisphère où, selon les savants de l'époque, les navires doivent être précipités dans les abîmes.

Au début novembre : "Terre, Terre!" crient les vigies. Quelle joie à bord, après 7 000 km de voyage en mer ! Vasco de Gama fait débarquer l'équipage dans une baie qu'il nomme "Sainte-Hélène". Cependant, peu de temps après, on reprend la mer.

Le 20 novembre

La limite sud de l'Afrique est atteinte ; les vigies aperçoivent le cap de Bonne-Espérance qui est doublé le surlendemain.

Le géant des tempêtes : Adamastor

Une légende ancienne voulait que l'énorme masse rocheuse du cap fût habitée par Adamastor, le redoutable géant des Tempêtes. On disait même qu'Adamastor déchaînait sa fureur pour faire mourir les téméraires qui osaient s'aventurer vers ses demeures. Mais que pouvait signifier cette légende, après le voyage de Barthélémy Diaz ?

Sans hésitation, Vasco de Gama donne l'ordre de doubler le cap, et bientôt les quatre caravelles font face à l'océan Indien.

Le jour de Noël 1497, le littoral oriental du continent africain est côtoyé, et l'ancre est jetée dans une baie à laquelle on donne, très à propos, le nom de "Port Natal".

La "Terre des Bonnes Gens"

Le 7 janvier 1498, en longeant les côtes, les caravelles se trouvent en vue d'un fleuve sillonné de nombreux bateaux à voiles gouvernés par des Noirs. Ce sont les Cafres, qui habitent le puissant royaume du Monomotapa, où règne le roi Monoemug. Les Noirs s'étant montrés très accueillants, Vasco nomme cet endroit "Terre des Bonnes Gens".

Le "Fleuve des Bons Présages"

À la mi-février, les caravelles portugaises jettent l'ancre à l'embouchure du Zambèze. Vasco de Gama apprend alors que les Arabes commercent dans le pays et que les indigènes connaissent les Indes. Ces nouvelles lui font un tel plaisir qu'il baptise le fleuve "Fleuve des Bons Présages". Le 14 avril, après s'être arrêtés quelques jours à Mozambique, les Portugais font un nouvel arrêt à Mombassa.

Mais pourquoi Vasco de Gama continue-t-il à longer les côtes africaines au lieu de pointer vers les Indes ? Simplement parce qu'il veut relever la configuration de la côte orientale d'Afrique et en dessiner le contour. Ses observations permettaient de tracer une carte géographique du continent.

À l'aube du 20 mai, après être partis du port de Melinda au début du mois (sous la direction d'un pilote originaire du Gujerat), les caravelles entrent dans le port de Calicut, sur la côte de Malabar. Après six mois d'un long voyage, le but est atteint : Vasco de Gama a enfin découvert la route maritime des Indes orientales.

Le royaume de Malabar

Conclu de justesse le traité de commerce

Le royaume de Malabar était un des nombreux petits États de l'Inde. Un empereur y régnait, le Zamorin ou "Maître de la mer". Calicut, à l'époque, était un des principaux centres du commerce oriental. Des marchands arabes, algériens, tunisiens et juifs y faisaient escale, chargeaient des produits d'Orient en traversant l'Égypte, les transportaient vers les ports de la Méditerranée. Vasco de Gama obtint du Zamorin l'autorisation de commercer avec l'Inde. Mais les négociants maures, voyant dans les Portugais de redoutables concurrents, firent tant et si bien qu'ils soulevèrent contre eux la population indigène. Dès lors, rester en Inde devenait impossible et, le 5 octobre 1498, Vasco de Gama prenait le chemin du retour. Le 30 août 1499, le grand navigateur rentrait au port de Lisbonne après avoir de justesse conclu le traité de commerce avec le Zamorin. Il reçut un accueil triomphal ; le roi le fit comte de Vidigueira et l'éleva à la dignité d'amiral des Indes en 1502.

Fait reconnaître la suzeraineté du Portugal

Mais, irrité contre les Maures, il repartit aussitôt pour fonder les premiers comptoirs portugais de l'Inde.

Ayant vaincu le Zamorin et conclu une alliance avec le roi de Cochin, il fit reconnaître la suzeraineté du Portugal sur une partie des côtes.

Il rentra de nouveau à Lisbonne en 1503 et fut nommé vice-roi des Indes.

Mourut le 24 décembre 1524

Il connut alors une longue période d'inactivité (plus de 20 ans) au bout de laquelle il repartit pour Cochin (avec une importante flotte) où il mourut au bout de 3 mois, en 1524.

Sur sa tombe on peut lire cette épitaphe simple et majestueuse :

"Ci-gît le grand navigateur don Vasco de Gama. comte de Vidigueira, amiral célèbre qui découvrit la route des Indes orientales."

Le voyage de Vasco de Gama

Voir aussi